Droit au logement : Une « marche des réquisitions » organisée dimanche 2 janvier au départ de l’Hôtel de ville

À l’initiative de l’association Droit au Logement (DAL), le cortège s’élancera à 15h pour rejoindre la rue de Varenne et demander « l’application de la loi de réquisition pour les sans-logis et les mal-logés » et « une action publique de mobilisation massive des logements vacants ».

Plus de trente ans après sa création dans le 20e arrondissement de Paris, le collectif DAL livre un constat amer face à une crise du logement qui apparaît chaque année de plus en plus « paradoxale ». L’association indique ainsi que « le nombre de logements vacants augmente sans cesse depuis vingt ans, et jamais la France n’en a autant compté. Près de 3,1 millions de logements sont recensés vacants par l’Insee en janvier 2021. Selon l’Inspection générale des finances, plus de la moitié sont vacants depuis un an et plus, et ceci sans compter les locaux et bureaux vacants, dont le nombre est aussi en hausse. »

Pourtant, « à mesure de la hausse des prix de l’immobilier et des loyers, des profits privés et des recettes fiscales exceptionnelles tirées du logement cher, la crise du logement s’aggrave ». Les équipes du DAL évoquent tour à tour « une hausse constante du nombre de sans-logis, de demandeurs HLM, des situations de surpeuplement, de mal-logement, des difficultés pour se loger ou payer son loyer et les charges », ou encore « des violations des droits des mal-logés, des sans-logis et des locataires ».

Après un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de ville, la manifestation rejoindra à partir de 15h le ministère du logement pour interpeller le gouvernement et la ministre responsable du dossier, Emmanuelle Wargon. Les organisateurs rappelleront les mesures qu’ils appellent de leurs vœux pour enfin répondre à l’urgence de la situation : « l’application de la loi de réquisition et une action publique de mobilisation massive des logements vacants, l’abrogation des mesures répressives introduites dans la loi Asap et la loi de sécurité globale, et le respect des droits des mal-logés et des locataires ». Plus largement, DAL estime nécessaires « la réalisation massive de vrais logements sociaux, ainsi que la baisse des loyers et l’arrêt des expulsions ».

Regrettant « un prélèvement de la taxe sur les logements vacants marginal et de surcroît en baisse (81 millions en 2020), et des mesures incitatives de faible ampleur » sous l’exécutif actuel, l’association dénonce aussi « des lois votées pour réprimer les sans-logis occupant sans titre et par nécessité des logement vacants. Les expulsions sans jugement et en plein hiver se multiplient ». À Paris comme à Calais, d’autres sont poussés à la rue, sous les ponts et dans des campements de fortune régulièrement évacués par les forces de police.

D’après les associations présentes sur le terrain, comme Médecins du Monde et Utopia 56, près d’un millier de personnes seraient concernées par cette situation à la limite de la capitale et des communes voisines de la petite couronne, notamment en Seine-Saint-Denis. Dans un appel à l’exécutif publié fin décembre, les maires d’Aubervilliers, de Pantin, et du 19e arrondissement ont par ailleurs évoqué la possibilité d’opérer des réquisitions pour répondre à une autre urgence, la crise du crack, là encore focalisée à la frontière des deux départements. « Si les hôpitaux ne sont pas en mesure de fournir les lits nécessaires, alors ayez le courage de réquisitionner certains lieux vacants pour en faire des centres de soins et d’hébergement à taille humaine, et engager ainsi des parcours de sortie d’addiction », proposent les trois signataires.

Les chiffres récemment publiés par l’Atelier parisien d’urbanisme estiment que près de 18 600 logements étaient « durablement vacants » à Paris en fin d’année 2020. Dans la capitale, seuls 80% des logements sont « occupés toute l’année par des ménages dont c’est la résidence principale » : en effet, 9% sont des résidences secondaires, et 11% sont considérés comme vacants. Selon d’autres données, celles de l’Insee, la capitale compte près de 117 000 logements vides (autour de 400 000 en Île-de-France). Par comparaison, 2 829 personnes à la rue ont été recensées lors de la Nuit de la Solidarité parisienne de mars 2021.

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Photographie © Droit au Logement

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