Histoire, patrimoine, urbanisme : les records de l’est parisien

Les Parisiennes et les Parisiens ont la chance de croiser l’histoire à chaque coin de rue ! L’est de la capitale concentre à lui seul bon nombre de records : on y retrouve ainsi la rue la plus pentue, l’immeuble le plus étroit, ou encore le plus grand parc de la ville.

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PARIS CENTRE

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51 rue de Montmorency – La plus vieille maison de Paris

Achevée en 1407, cette maison fut construite suivant la volonté de Nicolas Flamel, bourgeois parisien auquel la légende attribue des dons d’alchimiste. Si l’édifice a connu de nombreuses modifications au cours de son histoire, sa partie basse en pierres a conservé son aspect d’origine. Deux boutiques étaient alors situées de part et d’autre de la porte centrale, qui conduisait aux étages. D’après l’inscription qui orne son fronton, ces derniers accueillaient les déshérités, en échange de prières pour Nicolas Flamel et son épouse Prunelle disparue dix ans plus tôt. C’est la plus ancienne maison de Paris qui nous est parvenue : les charmants immeubles à colombages de la rue Volta et de la rue François Miron, également dans le Marais, prétendirent longtemps à ce titre, avant que des recherches approfondies ne révèlent des dates de construction bien plus tardives. Classée au titre des monuments historiques depuis 1911, la maison de Nicolas Flamel (où il n’aurait d’ailleurs jamais logé personnellement) accueille aujourd’hui un restaurant qui lui rend hommage.

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57 rue de Turbigo – La plus grande cariatide de Paris

Sculptée sur un immeuble de 1859, cette statue ailée s’élève sur trois étages au-dessus du métro Arts et Métiers, surplombant la place Theodor Herzl. C’est la plus grande cariatide de Paris. L’ange de la rue de Turbigo a été réalisé d’après une œuvre du bien nommé Auguste-Émile Delange. Des vues de la statue concluent le court-métrage « Les Dites Cariatides » d’Agnès Varda, et apparaissent à plusieurs reprises dans le film « Peut-être » de Cédric Klapisch.

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Place des Vosges – La plus ancienne place de Paris

S’il existait déjà certainement quelques terre-pleins et autres placettes de quartiers dans le Paris de l’époque, elle est la première place « officielle » de la capitale. Construite entre 1607 et 1612 suivant les plans des architecte Jacques Androuet du Cerceau, Claude Chastillon, et Louis Métezeau, la place des Vosges forme un carré presque parfait, entouré d’un ensemble harmonieux de 36 pavillons ornés de briques rouges et soutenus par de coquettes arcades. On y trouve la Maison de Victor Hugo : l’écrivain vécut au numéro 6 entre 1832 et 1848. Classés au titre des monuments historiques, la place et son square central sont également protégés depuis les années 1960 par le Plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais.

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Œuvre de Raphael Federici sur le mur de la Rue des Degrés – 2019 © William Jexpire – Wikimedia Common

Rue des Degrés – La rue la plus courte de Paris

Quatorze marches et 5,75 mètres de long : l’escalier de la rue des Degrés, à deux pas des Grands boulevards, justifie bien un petit détour ! La rue la plus courte de Paris a aussi la particularité de ne compter aucun numéro, et donc aucun habitant – quelques indices architecturaux suggèrent cependant que cela n’a pas toujours été le cas, des portes et fenêtres ayant été murées au fil du temps. Reliant la rue de Cléry à la rue de Beauregard, cette voie insolite s’habille régulièrement de nouvelles œuvres de street art.

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PARIS 10

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© Nord794ub – Wikimedia Commons

Gare du Nord La gare la plus fréquentée d’Europe

Avec plus de 290 millions de voyageurs annuels (en comptant le trafic du RER B) en 2018, c’est la gare la plus fréquentée de tout le continent. Agrandie à plusieurs reprises depuis son inauguration en 1846, cet édifice historique à plus d’un titre fait aujourd’hui l’objet de projets de rénovation fortement contestés localement, car donnant une place trop importante aux surfaces commerciales. La station de métro Gare du Nord fut longtemps la plus fréquentée du réseau RATP, mais elle a été dépassée en 2018 par la Gare Saint-Lazare : 46,7 millions de voyageurs annuels entrés dans la station pour cette dernière, contre 45,8 millions pour sa voisine souterraine du 10ème arrondissement.

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39 rue du Château d’eau La maison la plus étroite de Paris

Les dimensions de cette construction de deux étages rivalisent avec celles des studios parisiens les plus exigus : 5 mètres de hauteur, 3 mètres de profondeur, pour seulement 1,4 mètres de large ! Le record détenu par la maison de la rue du Château d’eau est reconnu depuis longtemps : elle figurait déjà sur des cartes postales au début du siècle dernier. Une petite boutique occupe aujourd’hui encore son rez-de-chaussée, tandis que la « pièce » située à l’étage n’est accessible que depuis l’immeuble voisin du numéro 41. S’il est difficile de retracer sa véritable histoire, la légende locale voudrait que la construction de cette bicoque résulte d’un conflit de voisinage à propos d’un passage reliant la rue du Château d’eau à la rue du Faubourg Saint-Martin. Plutôt que de construire un simple mur, une solution plus radicale fut choisie afin de boucher définitivement cette voie, entraînant l’apparition des deux étages de cette adresse insolite.

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Rue du Faubourg-du-Temple L’un des premiers photoreportages de l’histoire

Au cours de la révolte ouvrière des Journées de juin, le photographe parisien Charles-François Thibault réalise une série de trois clichés représentant les barricades dressées aux intersections de la rue du Faubourg-du-Temple. Les daguerréotypes des 25 et 26 juin 1848 constituent ainsi la première série de photographies décrivant une insurrection. Si la plupart des immeubles ont depuis changé d’aspect, le faubourg a conservé ses pavés et son tracé distinctif : sa physionomie reste même étonnamment similaire à ce qu’elle était à l’époque.

Article complet : En juin 1848, la rue du Faubourg-du-Temple devient le sujet de l’un des premiers photoreportages de l’histoire

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PARIS 11

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Passage Saint-Maur Quelques-uns des derniers pavés en bois de Paris

Ce passage plein de caractère recèle un singulier détail : jetez un œil sous le porche de l’entrée, et vous apercevrez l’un des derniers exemples de pavés en bois encore présents dans les rues de Paris ! À la mode à la fin du XIXème siècle, ce procédé est rapidement abandonné en raison de ses nombreux inconvénients : les pavés sont plus glissants que ceux en pierre, présentent des risques de pourrissement, et ont le fâcheux désavantage de se desceller lorsque surviennent les crues de la Seine. Les seuls autres pavés en bois qui subsistent aujourd’hui à Paris se trouvent devant l’entrée d’un immeuble au 38 rue Notre-Dame de Nazareth, non loin de la place de la République.

Article complet : Charmants passages et cours secrètes de l’est parisien

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Avenue Daumesnil La voie la plus longue passant par Paris

Si l’on inclut sa section qui longe le bois de Vincennes sur le territoire de Saint-Mandé, l’avenue Daumesnil est la plus longue voie passant par la capitale, avec plus de 6 kilomètres au total. Traversant tout le 12ème arrondissement, elle se déploie de la Porte dorée jusqu’aux abords de la place de la Bastille, bordée par le « parc linéaire » de la Coulée verte René Dumont, et les arcade du Viaduc des arts. Hors périphérique et voies expresses, la rue de Vaugirard reste cependant la voie la plus longue de Paris intra-muros, avec 4,3 kilomètres de linéaire.

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PARIS 12

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© Hapi SNCF

Gare de Lyon La plus grande horloge de Paris

La gare de Lyon se distingue de ses consœurs parisiennes par sa superbe tour-horloge, construite à temps pour accueillir les visiteurs de l’Exposition universelle de 1900 – qui découvriront également la première ligne du métro à cette occasion. Avec 67 mètres de hauteur, cette tour-horloge est la seconde plus élevée d’Europe, après le célèbre Big Ben du parlement britannique. Conçus par l’horloger Paul Garnier, les quatre cadrans de la tour mesurent 6,4 mètres de diamètre. Longues de 4 mètres, leurs grandes aiguilles pèsent près de 38 kilos chacune.

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Sentier des Merisiers La voie la plus étroite de Paris

Ce passage assez méconnu en bordure de la capitale détient pourtant un beau record : avec une largeur minimale de 87 centimètres, c’est la voie la plus étroite de Paris ! On y accède depuis le Boulevard Soult ou la Rue du Niger, à deux pas de l’arrêt de tramway Alexandra David-Néel, pour se frayer un chemin entre ses murets de pierre et ses grilles intrigantes. Les promeneurs curieux y trouveront également une rare façade à colombages. Un autre passage de l’est parisien détient par ailleurs la seconde place de ce classement : le passage du Plateau, tout proche du parc des Buttes-Chaumont.

Article complet : Charmants passages et cours secrètes de l’est parisien

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Parc de la Villette Le plus grand parc de Paris

Construit en lieu et place des légendaires abattoirs qui enfumèrent les quartiers de l’est parisien pendant près d’un siècle, le Parc de la Villette est une vision rétrofuturiste qui parvient toujours à nous surprendre. Autour de la massive Cité des Sciences, ce vaste parc inauguré en 1987 rassemble plusieurs clubs et salles de concert sur près de 55 hectares, dont 33 dédiés aux espaces verts. Si l’on ne prend pas en compte les bois de Vincennes et Boulogne, c’est le plus grand parc de la capitale. Intra-muros, seul le cimetière du Père Lachaise, avec ses 44 hectares de verdure, est véritablement en mesure de rivaliser avec les pelouses de la Villette.

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Cimetière du Père Lachaise La nécropole de tous les records

Le cimetière du Père Lachaise concentre bien des records : c’est le plus grand de Paris intra-muros, mais aussi le plus fréquenté du monde, avec près de 3,5 millions de visiteurs par an. Il rassemble un nombre impressionnant de personnalités célèbres, comme Sarah Bernhardt, Rosa Bonheur, Maria Callas, Chopin, La Fontaine, Molière, Jim Morrison, Édith Piaf, ou encore Oscar Wilde. Le Père Lachaise fut également le théâtre d’épisodes parmi les plus tragiques de la Semaine sanglante, qui mit brutalement fin à la Commune de Paris. À l’est du cimetière se dresse le Mur des fédérés devant lequel furent alors fusillés 147 insurgés, devenu lieu de mémoire où se réunissent à la fin de chaque mois de mai les progressistes de tous les courants pour rendre hommage aux morts et aux espoirs de 1871. La sépulture la plus haute de Paris surplombe la 48ème division du Père Lachaise : la dernière demeure du diplomate Félix de Beaujour, véritable pyramide funéraire, atteint près de vingt mètres de hauteur.

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Rue Gasnier-Guy & Rue Robineau Les rues les plus pentues de Paris

Avec des pentes respectives de 17% et 14%, les rues Gasnier-Guy et Robineau sont les plus inclinées de la capitale. Déconseillées aux cyclistes amateurs, leurs montées se terminent en dos d’âne avant de rejoindre la place Martin Nadaud et son parvis coloré. Ces rues ont conservé leurs pavés et même de jolis escaliers : l’un d’entre eux, pas toujours accessible, relie d’ailleurs les deux voies. La vue depuis le sommet de la rue Gasnier-Guy offre un panorama tout en relief qui s’étend au-delà de Paris.

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Rue des Pyrénées La plus longue rue de la rive droite

C’est la seconde plus longue rue de Paris, avec 3 515 mètres de longueur et pas moins de 401 numéros d’immeubles. Voie la plus étendue de la rive droite depuis son ouverture dans les années 1860-1870, elle slalome entre les différents quartiers du 20ème arrondissement : sa dénomination semble presque un clin d’œil à ses virages et à sa pente parfois prononcée. La rue des Pyrénées est bordée de charmants passages et de plusieurs placettes aux terrasses agréables, comme la place des Rigoles – Henri Malberg ou la place du Guignier.

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Rue du Télégraphe Point culminant de Paris sur la voie publique

L’histoire est bien connue des amoureux du patrimoine parisien : Montmartre et Belleville se disputent depuis longtemps le record du point le plus élevé de la capitale – hors Tour Eiffel et autres monuments, bien entendu. Parce que le choix des repères peut être subjectif, et dans un souci d’apaisement devant ce conflit antédiluvien, permettons-nous de déclarer une égalité : les hauteurs mesurées au sommet de la rue du Mont-Cenis (18ème) et de la rue du Télégraphe (20ème) se situent toutes deux entre 128 et 129 mètres du niveau de la mer. C’est en raison de cette élévation qu’à partir de 1792, à l’emplacement de l’actuel cimetière de Belleville, le pionnier des télécommunications Claude Chappe expérimente le dispositif qui donnera son nom à la rue du Télégraphe.

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Vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire et le patrimoine de l’est parisien ? N’hésitez pas à consulter nos guides :
Charmants passages et cours secrètes de l’est parisien
Mémoires de la Commune de 1871 dans l’est parisien
Dans les pas d’Édith Piaf à travers l’est parisien

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Photographies d’illustrations © Paris Lights Up (sauf mentions contraires)

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2 thoughts on “Histoire, patrimoine, urbanisme : les records de l’est parisien”

  1. merci pour ce beau reportage
    je ne manquerai pas d integrer les lieux cites lors de la reprise de mes randonnees parisiennes qui me manquent tant
    je suis preneuse de toutes informations concernant Paris zt ses environs

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