En images : Un nouveau tronçon de la Petite ceinture ouvrira au public en 2024 dans le 20e

Après l’acquisition de terrain par la ville de Paris auprès de la SNCF pour 11,5 millions d’euros, un nouveau segment de la Petite ceinture devrait ouvrir ses portes au public au printemps 2024 entre la porte de Vincennes et la porte de Montreuil (20e arrondissement).

 

 

Le site concerné est situé à l’extrémité sud-est du 20e arrondissement, entre le cours de Vincennes et la rue du Volga (voir carte au bas de l’article). « Ce projet est possible grâce au rachat par la ville de Paris de la surlargueur, propriété de la SNCF, qui suit les rails et offre une opportunité rare de créer un parc arboré grâce à la désimperméabilisation et la renaturation de l’ancien dépôt de bus RATP », précise la municipalité. Le coût total du projet s’établit à près de 16 milions d’euros : 11,5 millions pour l’acquisition du terrain, et 4,5 millions d’euros pour les travaux envisagés, qui consistent notamment en la mise aux normes des viaducs ferroviaires, et au retrait de « 40 à 50 centimètres » de terre en vue d’accueillir la « végétalisation » des abords des voies de chemin de fer.

Gare de marchandise jusque dans les années 1970, le site aurait également fait office de dépôt de bus jusqu’en 2017. Il reste aujourd’hui encore entouré de bâtiments et d’installations de la RATP, notamment avec les sites Philidor, Charonne, et le centre bus Paris-Est de Lagny. En 2021, ce terrain encore très minéral avait par ailleurs accueilli le « festival Wonderland », événement estival éphémère orchestré par We Love Green à l’invitation de SNCF Immobilier – des réjouissances qui n’avaient alors pas été du goût de tous les riverains de ce quartier populaire de l’est parisien.

Le nouveau tronçon réuni avec le jardin de la Gare de Charonne voisin

Si la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo évoque aujourd’hui « un nouveau parc de 3,5 hectares », cette surface correspond plus factuellement à la réunion de ce segment de la Petite ceinture avec les 1,5 hectares du jardin de la Gare de Charonne, espace vert voisin aujourd’hui accessible par le boulevard Davout. Le communiqué de la municipalité promet « la plantation de plus de 1 000 arbres » sur place, tandis que Christophe Najdovski, adjoint (Paris en Commun) à la maire en charge de la végétalisation de l’espace public, des espaces verts, de la biodiversité, et de la condition animale, avance pour sa part un total de « plus de 2 000 arbres ».

La réunion du parc voisin à ce segment de la Petite ceinture permettrait ainsi la création d’une « forêt urbaine », assurent Anne Hidalgo et son premier adjoint (PS) Emmanuel Grégoire, élu en charge de l’urbanisme. Un terme à considérer avec précaution compte tenu des promesses de campagne de l’actuelle majorité, qui envisageait à l’occasion des dernières municipales la création de quatre « forêts urbaines » sur le parvis de l’Hôtel de ville (4e arrondissement), derrière l’opéra Garnier (9e), sur la place Henri Frenay au nord de la gare de Lyon (12e), et sur les rives de la Seine. Si les travaux étaient initialement proposés « au cours de l’année 2020 », et malgré la large diffusion de visuels en images numériques et autres « vues d’artistes », aucun de ces projets n’a finalement débuté ; ces derniers pourraient même ne jamais voir le jour faute de faisabilité technique.

Sept nouvelles portions de la Petite ceinture ouvertes au public d’ici 2026

« Lauréat de l’appel à projet Nature 2050 porté conjointement avec la CDC Biodiversité et la Métropole du Grand Paris », l’aménagement de ce nouveau tronçon de la Petite ceinture du 20e arrondissement devrait débuter en septembre 2023. D’après le calendrier présenté par la municipalité, les travaux de génie civil se dérouleront d’octobre 2023 à mars 2024, et les plantations d’arbres auront lieu aux mois de mars et avril 2024 avant son ouverture au public. L’ensemble du site sera accessible aux personnes à mobilité réduite, affirme l’exécutif parisien.

« La Petite ceinture poursuit ses réaménagements, avec 4 kilomètres de sentiers bientôt ouverts à la promenade », promet aujourd’hui l’équipe d’Anne Hidalgo. Sur sept portions concernées, trois autres sites de l’est parisien devraient devenir accessibles au public d’ici 2026 : la « promenade Bercy-Charenton » (travaux de fin 2023 à début 2025) et « l’espace Daumesnil » (travaux au printemps 2024) dans le 12e arrondissement, ainsi que la « promenade Thionville » (travaux en 2025 et 2026) dans le 19e arrondissement. « La ville de Paris et la SNCF se sont engagées à réhabiliter progressivement la Petite ceinture et à ouvrir ses espaces à la promenade » depuis 2006, rappelle la municipalité, tout en précisant au nom de la biodiversité que « les promeneurs sont invités à fouler ce territoire fragile avec le plus grand respect et la plus grande attention ».

Entre promenades urbaines et nouvelles adresses, encore du nouveau pour la Petite ceinture

Plusieurs tronçons de la Petite ceinture ont récemment marqué l’actualité locale, notamment dans les 19e et 20e arrondissements. Après l’ouverture en 2020 du Passage à niveau, restaurant lié à la Ferme du Rail à deux pas de la Villette, c’est du côté du secteur nord Corentin Cariou – Rosa Parks que l’on peut signaler quelques nouveautés remarquées. Initialement dédiée au jazz, La Gare a ainsi inauguré Le Gore, un club souterrain ouvert 7 nuits sur 7 qui fait déjà le bonheur des amateurs de musiques électroniques. Au printemps dernier, c’est le site voisin du TLM qui a lancé sa première saison : animé par le collectif Au Fil du Rail, le lieu est notamment consacré « à la mode circulaire, à l’alimentation durable, et à la culture sous toutes ses formes ».

Dans le 20e arrondissement, après la transformation en parc du tronçon de Ménilmontant puis la toute récente réouverture au public de la Flèche d’Or, ancienne gare de Charonne surplombant les voies de la Petite ceinture, c’est le bâtiment voisin de la Maison Florian qui devrait bientôt s’animer de nouveau suite à un appel à projets de la SNCF. D’après Katayoune Panahi, directrice générale de SNCF Immobilier, « quatre axes de programmation sont proposés par les lauréats : un atelier de formation à la cuisine à destination des jeunes, un restaurant solidaire, un hôtel à projets pour développer les initiatives et la solidarité entre voisins, et un jardin partagé ». Opéré par l’association Aurore, spécialisée dans la lutte contre l’exclusion « à travers l’hébergement, le soin et l’insertion », aux côtés du collectif Yes We Camp, qui mène de nombreux projets « d’urbanisme transitoire » de Marseille à Paris, le projet devrait voir le jour à partir de 2023.

 

 

56 rue du Volga / 103 cours de Vincennes
75020 Paris

 

Photographies © Paris Lights Up

 

 

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