Mairie de Paris : Des députés de la majorité présidentielle préparent une proposition de loi pour une élection au suffrage direct

Les députés du groupe Renaissance ambitionnent de réformer le mode de scrutin permettant l’élection des maires de Lyon, Marseille, et Paris. Si ce projet devait aboutir, un vote au suffrage universel direct serait possible dès les municipales de 2026.

La prochaine ou le prochain maire de la capitale pourra-t-il être élu directement par le corps électoral parisien, en lieu et place des scrutins de listes par arrondissements actuels ? C’est en tout cas la volonté d’élus de la majorité présidentielle, qui planchent sur une proposition de loi allant en ce sens et aimeraient voir ce changement appliqué dès les élections municipales de 2026. « Je souhaite, avec les députés Renaissance parisiens, que la ou le maire de Paris soit élu comme dans n’importe quelle commune », a ainsi déclaré le mois dernier Sylvain Maillard, représentant de la première circonscription de Paris (1er, 2e, 8e, et 9e arrondissements) à l’Assemblée nationale.

Le député macroniste a évoqué la mise en place d’un scrutin avec « deux urnes : une pour élire les conseillers d’arrondissement, et une pour élire les conseillers de Paris », dont « la tête de liste deviendra maire ». Ce système remplacerait le mode de désignation actuel, qui voit les électrices et les électeurs de la capitale élire en fonction de leur lieu d’inscription sur les listes électorales des représentants pour chaque arrondissement, les 163 conseillères et conseillers de Paris, avant que ces derniers se prononcent collégialement afin de nommer une ou un maire pour l’ensemble de la capitale. Un modèle contesté de longue date par l’opposition, qui rendrait « plus difficile à lire la légitimité du maire ou de la maire de Paris », a jugé Sylvain Maillard auprès de BFM Paris Île-de-France.

Pour les proches d’Anne Hidalgo, une proposition aux arrières-pensées électoralistes

« L’élection du maire de Paris au suffrage universel direct est une question démocratique », a quant à lui estimé David Amiel, député de la majorité présidentielle de la 13e circonscription de Paris (15e arrondissement). Ce changement de mode de scrutin serait à ses yeux positif « pour la clarté des débats et des choix », mais aussi « pour que chaque voix compte de la même manière, quel que soit l’arrondissement où l’on vit ». Des arguments qui ne sauraient convaincre les plus proches alliés de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, qui voient dans cette volonté de modifier le modèle en vigueur dans la capitale des arrières-pensées électoralistes en vue de 2026.

« Le pays traverse une crise historique, l’extrême droite est aux portes du pouvoir, l’inflation [atteint un niveau] record, la pauvreté explose… mais l’urgence, c’est de tripatouiller le mode de scrutin pour se servir… c’est dans quatre ans les municipales, on peut pas travailler en paix et se concentrer ? », s’interroge ainsi sur Twitter Emmanuel Grégoire, premier adjoint (PS) à la maire de Paris, qui ambitionnerait de succéder à Anne Hidalgo à l’occasion des prochaines municipales. « Quand on perd les élections, vouloir ensuite tripatouiller le mode de scrutin est rarement une bonne idée en démocratie », avait pour sa part réagi Rémi Féraud, élu (PS) du 10e arrondissement et président du groupe Paris en Commun au sein de l’assemblée parisienne, suite aux propositions des députés macronistes.

Au gouvernement, des ambitions rivales pour 2026

Après l’échec des élections de 2020, avec les candidatures de Benjamin Griveaux puis son remplacement de dernière minute par Agnès Buzyn, le camp du président de la République se prépare déjà à la prochaine échéance municipale en se donnant pour objectif d’avoir une candidate ou un candidat déclaré au moment des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Plusieurs noms circulent aujourd’hui parmi les représentants du gouvernement : Clément Beaune, élu de justesse au cœur de la capitale lors des dernières législatives et nommé ministre délégué chargé des Transports en juillet 2022, et Olivia Grégoire, représentante de la 12e circonscription de Paris (7e et 15e arrondissements) depuis 2017 et aujourd’hui ministre en charge des PME, du Commerce, de l’Artisanat, et du Tourisme, seraient notamment sur la ligne de départ. Malgré les dénégations de son cabinet, le nom de Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics, est également cité.

Dans un récent entretien au Figaro, c’est Marlène Schiappa qui a déclaré vouloir être « partie prenante de la prochaine campagne » municipale à Paris. « Les Parisiens ont le droit de choisir leur maire au suffrage direct », estime la secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire et de la Vie associative, qui assure vouloir « travaill[er] pour changer les projets et ceux qui les pilotent ». D’après elle, « la mise en place de l’élection du maire au suffrage direct à Paris est une des pistes travaillées par [le ministre de l’Intérieur] Gérald Darmanin ». La proposition de loi des députés Renaissance pourrait être déposée d’ici la fin de l’année, selon les informations de BFM Paris Île-de-France. Public Sénat évoque pour sa part l’échéance de 2023 ; d’après la chaîne parlementaire, la majorité présidentielle se donnerait pour objectif de voter le texte « avec le soutien de la droite, qui réclame de longue date un changement du mode de scrutin dans la capitale ». Une position d’ailleurs partagée par Rachida Dati, candidate malheureuse de la droite parisienne lors des municipales de 2020.

 

 

 

Photographie : Salle du conseil de Paris
© Paris Lights Up

 

 

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