Portrait d’artiste : entre illustration naturaliste et danse macabre, les songes fantastiques d’Olena Donichenko

Nous avons le plaisir de vous présenter un entretien-portrait et une sélection d’œuvres de l’artiste Olena Donichenko, co-lauréate du prix Paris Lights Up attribué dans le cadre de l’exposition « Les Nouveaux 2021 » des Ateliers d’Artistes de Belleville.

Originaire de la grande ville industrielle de Mykolaïv, sur les rives ukrainiennes de la Mer Noire, Olena Donichenko choisit la voie artistique dès son plus jeune âge. Après un diplôme d’arts plastiques et d’arts appliqués qui la voit notamment étudier la représentation des formes biologiques et minérales, la plasticienne rejoint la France et Grenoble en 2013 pour y suivre une formation complémentaire en arts, en design, et en architecture. Parisienne depuis deux ans, la nouvelle membre de l’association des Ateliers d’Artistes de Belleville inaugurait ce mois-ci sa première exposition personnelle dans la capitale.

Inspirée par les mouvements artistiques de la Renaissance, Olena Donichenko met à profit sa maîtrise technique pour donner vie à des compositions conjuguant le fantastique et les élément naturels, au fil d’étranges rêveries. Dans cette anatomie des songes qui se fait tour à tour nature morte, bestiaire, et ossuaire, elle explore les frontières du vivant à travers des aquarelles aux tons fauves complétées de gravures à l’eau-forte. Pour l’artiste, « l’important n’est pas de comprendre mais de se laisser porter par la beauté, comme la vie, la mort, accepter, être, ressentir, se relier au tout enchevêtré, en une forme de danse, sans forcément y trouver une signification ».

Grâce au partenariat presse entre notre journal et les Ateliers d’Artistes de Belleville, dans le cadre de l’exposition « Les Nouveaux 2021 » présentant les adhérentes et adhérents les plus récents de l’association, Olena Donicheko a été désignée pour recevoir le prix Paris Lights Up aux côtés de Getachew Berhanu. Nous présenterons également le travail de ce dernier dans un prochain entretien-portrait.

.

.

Paris Lights Up : Pourriez-vous nous décrire ce qui a guidé votre démarche artistique, notamment à travers les récentes œuvres présentées ci-dessus ?

Olena Donichenko : Fascinée par le monde végétal, animal, et l’anatomie, je travaille d’une manière obsessive, intuitive, sans penser au sujet. L’image apparaît au cours de l’exécution, à un moment ou un autre. J’aime bien me perdre dans le détail des images sans forcément chercher une signification, et me laisser porter par la beauté de la nature qui nous entoure.

Dans le choix de vos sujets comme dans les palettes de couleurs utilisées, on retrouve dans vos œuvres de nombreuses références aux maîtres de la peinture flamande. Plus de cinq siècles après Jan van Eyck et Jérôme Bosch, comment expliquez-vous cette force artistique, cette influence toujours intacte ?

Très jeune, j’ai découvert une passion pour l’histoire de l’art et les peintres, en particulier de la Renaissance, grâce à des livres sur le Louvre et le musée de l’Ermitage. Fascinée par ce monde, j’ai reçu une solide formation pluridisciplinaire classique à la pratique de la peinture et du dessin dans ma ville natale. Je trouve que l’héritage artistique des grands maîtres nous fournit un vaste matériel pour les études et les recherches sur des problématiques actuelles, dans la théorie comme la pratique, de la composition à la couleur.

Dessin, gravure, mais aussi broderie et tissage : tout comme les personnalités de la Renaissance qui vous fascinent depuis l’enfance, vous avez expérimenté un grand nombre de techniques. Quels autres médiums aimeriez-vous aujourd’hui explorer ?

Le langage de la peinture et du dessin est très varié. J’aimerais beaucoup continuer mes recherches artistiques en utilisant ces médiums, dont les possibilités me paraissent infinies et parfois insaisissables.

Vous avez suivi une formation de gravure en taille-douce à l’Atelier des Cascades (20ème arrondissement), dans la rue du même nom. Vous pourriez nous parler de cette expérience ?

J’ai toujours voulu explorer une forme d’expression visuelle comme la gravure. L’année dernière, j’ai eu la chance de découvrir l’Atelier des Cascades, un lieu particulier, avec une ambiance amicale, conviviale, et créative, fondé par deux artistes, Raúl Velasco et Kristin Meller. À travers l’enseignement de la gravure en taille-douce, Raúl aide aux ses élèves à connaître et mélanger les techniques, à favoriser la richesse des différents langages plastiques, afin que chacun puisse développer sa propre liberté créative.

Vous vivez aujourd’hui dans l’est parisien. Quels sont les quartiers, les lieux, les rues qui vous inspirent ?

Mon lieu préféré, c’est mon atelier. Je me suis installée à Paris il y a deux ans, et je découvre au fur et à mesure ses rues, ses quartiers, et ses endroits cachés. En tant qu’artiste, je réalise la chance de vivre dans une des villes d’art et de culture les plus connues au monde. Je fréquente souvent ses musées, ses expositions et ses monuments forment un condensé de l’histoire artistique de l’Europe et du monde.

Votre nouvelle exposition personnelle est à découvrir jusqu’au 30 juin au 10 passage Verdeau (9ème arrondissement). Vous pourriez-vous en dire quelques mots ?

Avant tout, je voudrais remercier tous les gens qui m’ont aidé à présenter pour la première fois mes travaux au public et m’ont soutenu durant l’exposition. C’était une expérience exceptionnelle qui m’a offert la possibilité de rencontrer des amateurs et des professionnels de l’art, d’avoir l’opportunité de communiquer directement avec eux, et de trouver mes premiers acheteurs.

Après une année plus que difficile pour les artistes et la culture, que peut-on vous souhaiter pour les mois à venir ?

Je suis très contente de la reprise de la vie culturelle et artistique. J’espère que les expériences que nous avons vécues durant cette dernière année nous inviterons à porter un nouveau regard sur notre identité, notre vie, nos activités, et nos habitudes. Les artistes partagent aujourd’hui leurs visions singulières autour de cette période pas comme les autres.

.

Olena Donichenko
Site : donichenko.com
Facebook : facebook.com/donichenkoart
Instagram : instagram.com/donichenko_art

.

One thought on “Portrait d’artiste : entre illustration naturaliste et danse macabre, les songes fantastiques d’Olena Donichenko”

Laisser un commentaire