Suppression de 2 000 panneaux, fin des mobiliers les plus décriés : plusieurs « actions immédiates » annoncées pour l’esthétique parisienne

Dans le cadre du « manifeste de la nouvelle esthétique parisienne » élaboré cette année par la municipalité, et face à la persistance des critiques autour de l’évolution du paysage urbain, le premier adjoint à la maire de Paris a annoncé ce lundi plusieurs mesures « immédiates ».

Reconnaissant que l’espace public de la capitale est parfois « trop encombré, avec du mobilier désuet et souvent inutile », Emmanuel Grégoire a précisé que des actions coordonnées avec les maires d’arrondissements devraient tout d’abord permettre le retrait de 2 000 panneaux de signalisation superflus. D’après celui qui est aussi chargé de l’urbanisme et de l’architecture au sein de l’exécutif parisien, les éléments de mobilier les plus décriés – tels que les bancs circulaires, ou sous forme de « poutres » – sont également amenés à disparaître « progressivement ». D’autres efforts devraient être concentrés sur une « remise à niveau » des mobiliers électriques, « à la fois en entretien et en restauration » : lampadaires, feux de signalisation, etc. La désignation d’un nouveau prestataire pour assurer leur maintenance est par ailleurs évoquée.

Selon Emmanuel Grégoire, le mobilier parisien historique hérité de la seconde partie du XIXème fera l’objet d’un « plan de sauvegarde, de protection, et de recensement » – demande récurrente de la part des critiques de la municipalité, qui s’inquiètent de la dégradation voire de la disparition progressive de certains éléments. Comme nous l’indiquions en avril, les consultation de la mairie et les échos du public ont en effet confirmé un attachement fort des Parisiennes et des Parisiens au patrimoine depuis longtemps associé à la capitale : édicules Guimard, réverbères élégants, bancs classiques dits Davioud, sols en pavés, fontaines Wallace, etc.

Face à la multiplication des opérations d’affichage publicitaire « sauvage » menées par des entreprises peu scrupuleuses, comme l’agence de « street marketing » (sic) Urban Act, le second d’Anne Hidalgo promet aussi « des mesures particulières pour sanctionner ces comportements » avec un renforcement des services de propreté dédiés. Enfin, devant le succès inégal des expériences de végétalisation menées dans les rues de la capitale, la municipalité annonce « une reprise des pieds d’arbres et l’abandon progressif des bacs » pour privilégier les plantations en pleine terre, avec un entretien confié à la Direction des espaces verts et de l’environnement. Là encore, ces initiatives devraient associer de près les mairies d’arrondissements.

Les huit actions annoncées ce lundi ne seraient qu’une « première étape » avant la présentation du « manifeste de la nouvelle esthétique parisienne », prévue pour décembre. Devant le mécontentement de nombreux amoureux du patrimoine, largement relayé par les oppositions locales, la municipalité souhaite à travers cette démarche assortie d’une consultation éviter à l’avenir « le foisonnement de nombreux mobiliers, qui ne sont pas pensés de manière complémentaire et conjointe, encombrant parfois l’espace public et ne concourant pas à sa beauté ». Ce manifeste a vocation a être intégré au plan local d’urbanisme « révisé en 2023 ».

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Photographie d’illustration : Place du Guignier, Paris 20°
© Paris Lights Up

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