Des milliers de personnes manifestent à Paris en mémoire des trois militantes kurdes assassinées en janvier 2013

Deux semaines après un nouveau triple assassinat également commis dans le 10e arrondissement de Paris, la communauté kurde était comme chaque année réunie pour une manifestation en mémoire de Sakine Cansız, Fidan Doğan, et Leyla Söylemez.

Dix ans après l’assassinat des trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les locaux du Centre d’information sur le Kurdistan du 147 rue La Fayette (10e arrondissement) dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, plusieurs milliers de personnes ont rejoint les rangs du cortège qui a défilé en leur mémoire ce samedi dans les rues de l’est parisien. À l’occasion de la dixième manifestation qui mobilise chaque année la communauté kurde, participantes et participants ont marché de la gare du Nord à la place de la République, faisant étape devant le centre culturel Ahmet Kaya, cible de l’attentat meurtrier du 23 décembre dernier.

Encadrée par un important service d’ordre, la mobilisation a réuni des Kurdes venus de toute la France et des pays voisins, accompagnés de nombreux soutiens venus représenter les principales formations politiques de gauche. Scandant le slogan « Vérité et Justice », les manifestants ont appelé le gouvernement français à faire toute la lumière sur les deux triple assassinats qui ont endeuillé la communauté kurde en janvier 2013 et décembre 2022. Sans pour autant désigner de commanditaires, la justice française avait évoqué « l’implication » des services de renseignement turc, le MİT, dans le meurtre par balles de Sakine Cansız, 54 ans, Fidan Doğan, 28 ans, et Leyla Söylemez, 25 ans. Leur assassin présumé, Ömer Güney, est décédé en détention cinq semaines avant son procès, en décembre 2016.

Un appel à « lever le secret-défense et faire tout le nécessaire pour résoudre l’affaire du triple assassinat »

« La justice française a manqué une occasion cruciale de juger un crime politique commis en France », estiment les porte-paroles du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), organisation réunissant « 24 associations de la diaspora kurde » à travers le pays. « Toutefois, de nouvelles évolutions ont contraint la justice à rouvrir une instruction pour identifier les commanditaires du triple assassinat, une instruction qui traîne cependant en longueur, faute de volonté du gouvernement français de coopérer avec la justice en levant le secret-défense qui pèse sur les informations détenues par les services de renseignement français », jugent encore les équipes du CDK-F à la veille d’un colloque dédié au meurtre des trois militantes kurdes.

« Pour les Kurdes, l’État français restera coupable tant qu’il refusera de déclassifier les documents détenus par ses services », déclaraient les représentants du CDK-F dans leur appel à la manifestation de ce samedi 7 janvier, demandant ainsi à la France de « lever le secret-défense et faire tout le nécessaire pour résoudre l’affaire du triple assassinat ». Une déclaration dans laquelle les responsables kurdes disent également regretter que « les autorités françaises [n’aient] même pas eu la décence de recevoir les familles des victimes ni les organisations kurdes, contrairement à ce qu’aurait requis un crime terroriste de cette nature commis en France ».

 

 

Photographie : Manifestation en mémoire de Sakine Cansız, Fidan Doğan, et Leyla Söylemez en janvier 2019
© Paris Lights Up

 

 

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