Lancement d’un appel à candidatures pour une vingtaine d’emplacements de bouquinistes

La ville de Paris lance un appel à candidatures ouvert à toutes les personnes souhaitant occuper les célèbres boîtes vertes surplombant les quais de la Seine. Les postulants ont jusqu’au 30 janvier 2023 pour transmettre leurs dossiers, avec des autorisations d’exploitation de cinq ans à la clé.

Avec près de 220 emplacements, 900 boîtes, et entre 200 000 et 300 000 ouvrages proposés à l’année, les bouquinistes sont aujourd’hui encore l’un des éléments incontournables du décor des rives de la Seine. Dans un appel à candidatures, la municipalité propose de renouveler 17 contrats d’occupation pour celles et ceux qui souhaiteraient exercer cette activité typiquement parisienne. « Seront particulièrement étudiées les motivations du candidat pour ce métier atypique et la qualité et la viabilité économique de son projet », précise la ville de Paris.

« Une autorisation d’exploitation d’un emplacement de bouquiniste est accordée aux candidats retenus pour une durée de cinq ans », poursuivent les services de la mairie, qui indiquent que les dossiers de candidatures de quatre pages devront être envoyés d’ici le 30 janvier prochain, avant la réunion du « Comité de sélection des candidatures à un emplacement de bouquiniste des quais de Seine » du 7 mars 2023. Les contrats d’exploitation des boîtes vertes sont par ailleurs renouvelables.

Quatre boîtes par bouquinistes

Les candidates et candidats devront préciser leur parcours professionnel, leurs disponibilités, leur mode d’approvisionnement (« hôtel des ventes, salons, vide-greniers, brocantes, bibliothèques de particuliers, Internet »), et « la nature et le volume » des produits qui seront vendus dans les quatre boîtes attribuées à chaque bouquiniste. « Pour mémoire, la ville de Paris ne loue, ni ne met à disposition, ni ne vend de boîtes. Chaque bouquiniste est propriétaire de ses quatre boîtes, dont l’achat neuf ou d’occasion ou la construction ainsi que l’installation sur les quais sont à sa charge », précise l’appel à candidatures.

« Le commerce principal autorisé est celui de vieux livres, livres d’occasion, de vieux papiers, de gravures anciennes, de livres neufs édités par des éditeurs indépendants », rappellent encore les services de la municipalité. Une exception autorise « accessoirement, à l’intérieur d’une seule boîte, la vente de monnaies, médailles, timbres-poste, supports de communication et diffusion culturelle de techniques anciennes, cartes postales et souvenirs de Paris, à l’exclusion d’objets ne présentant aucun intérêt artistique ».

Un métier vieux de près de 400 ans et réglementé au XIXe siècle

Si les souvenirs et les affiches plus ou moins parisiennes ont bien rejoint depuis longtemps les livres de seconde main, la tradition des bouquinistes remonte au XVIIe voire au XVIe siècle dans la capitale. Elle a pour origine la multiplication des vendeurs ambulants « accompagnant l’essor de l’imprimerie et du marché du livre d’occasion », expliquent les équipes du musée Carnavalet. Autre précision : « le nom des bouquinistes est forgé à partir du terme boucquain, c’est- à-dire ‘vieux livre dont on fait peu de cas' », un terme dérivé du flamand boekin, ou « petit livre ».

Les premières concessions officielles sont accordées en 1859, à l’époque du préfet de la Seine Haussmann – qui aurait initialement souhaité leur disparition des rives de la Seine – avec l’utilisation des premiers caissons à livres. « La taille et la couleur vert wagon de ces boîtes sont réglementées en 1891 ; elles sont dorénavant posées sur les parapets des quais », poursuit le musée de l’histoire de Paris. Du pont Royal au pont de Sully sur la rive gauche, et du pont des Arts au pont Marie sur la rive droite, les emplacements des bouquinistes représentent aujourd’hui « près de 3 kilomètres de promenade culturelle ».

 

 

Photographie d’illustration (recadrée) © Jebulon – Wikimedia Commons

 

 

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