République : Un rassemblement prévu ce samedi 11 juin à la mémoire des victimes de tirs policiers

Après la mort de trois jeunes personnes à Paris dans des circonstances semblables, plusieurs collectifs engagés contre les violences policières et pour la mémoire des victimes appellent à une mobilisation ce samedi après-midi sur la place de la République.

Une semaine après le décès de Rayana, 21 ans, touchée d’une balle à la tête suite à des tirs de police sur un véhicule dont elle était passagère dans le 18e arrondissement, le sujet du recours aux armes par les agents est de nouveau au cœur du débat public. Cette mort dans le cadre d’une intervention policière fait suite à celles de deux jeunes Parisiens de 25 et 31 ans sur le pont Neuf, dans la nuit du 24 avril. Une marche blanche en leur mémoire avait été organisée le 4 mai dernier dans le 20e arrondissement, d’où ils étaient originaires.

Dans un cas comme dans l’autre, les agents en cause ont évoqué un refus d’obtempérer du conducteur du véhicule suite à une demande de contrôle, doublée d’une volonté de renverser les policiers, pour justifier ces interventions aux conséquences tragiques. La famille de Rayana a porté plainte contre X et contre le conducteur de la voiture, blessé par balle au thorax et placé en détention provisoire ce jeudi sur son lieu d’hospitalisation.

D’après des premiers éléments de l’enquête communiqués par le parquet, les trois fonctionnaires de police impliqués auraient ouvert le feu à neuf reprises en direction du véhicule, contrôlé aux abords du boulevard Barbès (18e arrondissement) samedi 4 juin aux alentours de 11h du matin. Dans le cas de Boubacar et Fadigui, les résidents du 20e qui ont perdu la vie sur le pont Neuf six semaines auparavant, les tirs mortels avaient été effectués au fusil d’assaut. Le policier qui maniait l’arme avait été mis en examen pour homicide volontaire.

Prévu à 13h ce samedi 11 juin, le rassemblement de la place de la République associera plusieurs collectifs de victimes et de familles, ainsi que le collectif « Urgence notre police assassine ». Dans son appel à mobilisation lancé mercredi, ce dernier a estimé que « la liste des personnes violentées, mutilées, tuées par les forces de l’ordre ne cesse de s’allonger. Cela fait des années que nous dénonçons ces crimes. Cela fait des années que nous alertons en particulier sur la loi de 2017 qui a assoupli les règles d’usage d’armes à feu pour les policiers ».

« C’est derrière l’article 435-1 qu’ils se cachent pour justifier ces meurtres. Jusqu’à quand ? » s’interroge le collectif, qui demande « l’abrogation de cette loi ». Central dans les débats concernant l’encadrement de l’usage des armes par les agents de police, ce texte autorise notamment une « riposte proportionnée » des policiers « lorsqu’ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules […] dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ».

Suite à l’intervention ayant entraîné la mort de Rayana des suites de ses blessures le 5 juin dernier, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire afin « de retracer avec précision le déroulement des faits et de déterminer les circonstances exactes d’usage de leur arme par les policiers ». D’après les informations du Parisien, les investigations ont été confiées à un juge d’instruction pour notamment « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».

 

 

Rassemblement en mémoire des victimes de tirs policiers
Samedi 11 juin – À partir de 13h
Place de la République, 75003/75010/75011 Paris

 

 

Photographie : Place de la République, Paris.
© Paris Lights Up

 

 

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