La manifestation parisienne #NousToutes s’élancera de République ce samedi 20 novembre

Annulée pour cause de pandémie l’an dernier, la marche contre les violences sexistes et sexuelles revient ce samedi à Paris et dans soixante autres villes de France.

En 2020, elle s’était tenue en ligne à travers des ateliers, débats, et conférences. Pour sa précédente édition en 2019, la manifestation avait rassemblé entre 50 000 et 100 000 personnes dans les rues de la capitale. Alors que le sujet reste malheureusement plus que jamais ancré dans l’actualité, le collectif organisateur espère retrouver une telle mobilisation dans le cortège qui s’élancera samedi à 14h de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation. La date choisie revêt une résonance particulière.

« Le 20 novembre, ce sera également la journée mondiale de la protection de l’enfance et la journée internationale du souvenir trans. À quelques jours du 25 novembre [journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Ndlr], les manifestations #NousToutes seront l’occasion de rappeler que les violences sexistes et sexuelles, qui visent particulièrement les enfants, les femmes, ou les personnes trans, ne sont pas une fatalité », indique le collectif créé à l’été 2018.

« À quelques mois de la présidentielle, la marche #NousToutes sera aussi l’occasion d’exiger des engagements fermes, financés, et à la hauteur. Elle permettra de dire notre soutien à toutes celles et ceux qui, dans le monde entier, subissent des violences », poursuivent les organisatrices. Le collectif demande notamment aux autorités d’apporter enfin des réponses au drame des féminicides. Ce mardi, il était à l’origine d’un rassemblement sur le parvis du Panthéon en hommage aux 100e et 101e femmes qui en ont déjà été les victimes cette année, une action visant en parallèle à dénoncer l’inaction des pouvoirs publics face à ce fléau.

« Samedi 6 novembre, Lise-May a été assassinée par son ex-conjoint à St-Joseph (La Réunion). C’est le 99e féminicide de l’année. Lise-May avait porté plainte à plusieurs reprises contre lui. Les forces de l’ordre ne l’ont pas prise au sérieux. Lise May était en danger, personne ne l’a protégée », explique Sophie, membre de #NousToutes. « Dans la quasi-totalité des féminicides, les femmes avaient appelé à l’aide. Les institutions, en particulier la police et la justice, ne les ont pas protégées. »

« En novembre 2019, les services du ministère de la justice avaient rendu publique une étude réalisée sur 88 féminicides ou tentatives de féminicides », poursuit-elle. « Dans 65% des cas, la police ou la justice avait été saisie. Quand la justice avait été saisie, dans 80% des cas, les plaintes avaient été classées sans suite ». Dans l’appel de la marche co-signé par soixante associations, partis politiques, et syndicats, le collectif #NousToutes demande « au prochain gouvernement de passer à la vitesse supérieure et de débloquer un milliard d’euros pour financer des politiques publiques qui touchent l’ensemble de la population. La société est prête à se mettre en mouvement contre les violences. Il manque aujourd’hui la volonté politique et les moyens. »

À l’occasion de la journée internationale du souvenir trans, un rassemblement sera également organisé devant l’Hôtel de ville de Paris samedi à partir de 18h, à l’initiative de l’association Acceptess-T. « Partout dans le monde, des personnes sont assassinées parce qu’elles sont trans », rappelle le communiqué de l’événement. « Rejoignez-nous samedi pour se retrouver, se recueillir ensemble, se révolter ensemble. Nous n’oublions pas ! »

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Photographie : Première marche #NousToutes de novembre 2018 – Paris
© Paris Lights Up

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