Théâtre : “La Puce à l’oreille”, un vaudeville moderne et électrique à découvrir jusqu’au 13 décembre au Passage vers les Étoiles (11e)

Sur la scène du théâtre Le Passage vers les Étoiles (11e arrondissement), le talentueux quintuor de la jeune compagnie Les Fouillons réinvente un classique de l’auteur Georges Feydeau.

Niché entre le Père Lachaise et la rue Saint-Maur, Le Passage vers les Étoiles est déjà en soi une belle découverte. Fondée en 2005, cette salle discrète se dévoile au fond de la bien nommée Cité Joly, impasse bordée par une rangée d’arbres et un café hors du temps. C’est sur l’une de ses deux scènes que la compagnie Les Fouillons, formée « à l’occasion d’une belle rencontre » sur les planches des cours Florent, présentera chaque mardi sa nouvelle création : La Puce à l’oreille, remise au goût du jour d’un vaudeville de 1907, signé par le grand spécialiste du genre Georges Feydeau au Théâtre des Nouveautés.

Manon Potier, Harmonie Reybaud, Sylvain Bastonero, Damien Duchadeuil, et Antoine Pelé, les artistes réunis dans cette jeune troupe (entre 20 et 34 ans), rivalisent d’énergie pour offrir au public un défilé de personnages tous plus farfelus l’un que l’autre, du couple bourgeois des Chandebise aux volcaniques amants Homenidès de Histangua, sans omettre bien sûr la galerie de portraits hautement rocambolesque des employés et habitués de l’hôtel du Minet-Galant. Construite autour du quiproquo et autres malentendus, dans une mise en scène électrique « avec un texte épuré et une vision très dynamique », la pièce revisitée permet également à la troupe d’exprimer tout son talent pour les jeux d’accents, dans un festival de tirades mémorables.

Le metteur en scène, Jean-Philippe Brayé, s’est livré à un efficace travail d’adaptation pour moderniser l’intrigue originelle de Feydeau, conservant les thématiques toujours actuelles qui ont fait le succès du vaudeville tout en écartant quelques passages moins adaptés aux audiences contemporaines. La pièce a ainsi vu sa durée réduite de moitié par rapport à sa version d’origine pour atteindre une heure et quart d’action et de spectacle ininterrompus, les membres de la troupe se dédoublant par ailleurs pour interpréter deux, voire trois rôles chacun – sans pour autant nuire à la lisibilité de la pièce, puisque bien au contraire, la confusion entre personnages demeure au cœur du scénario.

« J’ai réduit à ce que je pensais être les personnages essentiels, j’ai même mixé quelques personnages pour les combiner en un seul, parce qu’il y avait les mêmes enjeux, les mêmes objectifs. J’ai voulu condenser, dans le meilleur sens du terme », explique Jean-Philippe Brayé, qui a aussi veillé à équilibrer le temps de présence sur scène de chacun des artistes. « C’est aussi à ça que sert l’adaptation, à servir au mieux les comédiens et les comédiennes, car sans eux il n’y a pas de pièce », poursuit-il.

La compagnie Les Fouillons prépare cette Puce à l’oreille modernisée depuis le début de l’année, dans une approche ayant privilégié un dialogue constant avec le metteur en scène. Ces échanges ont permis de remodeler le caractère et l’identité des personnages, jusque dans la teinte de leurs voix. « Ferraillon, Eugénie, Olympe, qui ont un accent marseillais, ou belge, tout cela est né de propositions », indique ainsi Jean-Philippe Brayé. « Je souhaitais qu’il y ait des accents, mais les accents en eux-mêmes ont été proposés par les acteurs. Comme ça correspondait à la thématique de la pièce, qui est le changement d’identité, le quiproquo, nous avons juste élargi la thématique ! »

À travers cette comédie, le metteur en scène et la troupe se donnent notamment pour objectif de « faire redécouvrir au public ce grand classique du théâtre français de la Belle Époque », avec l’adaptation d’une œuvre de théâtre de boulevard « basée sur le comique de situation et le non-dit ». Marquante pour sa mise en scène fantaisiste « au diapason du rythme feydalien », et l’énergie communicative ainsi déployée par ses comédiennes et comédiens aux multiples casquettes, la pièce La Puce à l’oreille sera présentée presque chaque mardi à 20h au Passage vers les Étoiles, jusqu’au 13 décembre prochain.*

* Mardi 20 septembre, 27 septembre, 18 octobre, 24 octobre, 1er novembre, 15 novembre, 29 novembre, 6 décembre, 13 décembre

 

 

La Puce à l’oreille par la compagnie Les Fouillons
Les mardis à 20h – Jusqu’au 13 décembre – 1h15
25€/10€
Réservations en ligne

 

 

Le Passage vers les Étoiles
17 Cité Joly, 75011 Paris
www.lepassageverslesetoiles.com

 

 

Photographie d’illustration : Les artistes de la compagnie Les Fouillons et Jean-Philippe Brayé
© Compagnie Les Fouillons

 

Cet article est le fruit d’un partenariat presse avec la compagnie Les Fouillons et le théâtre Le Passage vers les Étoiles

 

 

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