Mai 2026 : Les expositions à découvrir ce mois-ci dans l’Est parisien

À la recherche de sorties culturelles ? Du Marais à Montreuil en passant par Belleville et le Père Lachaise, laissez-vous guider à travers notre sélection d’expositions du mois !

 

 

 

Nick Brandt – The Day May Break

Jusqu’au 16 mai 2026

Onnie and Keanan on Seesaw, Fiji, 2023 – Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition The Day May Break à la Polka Galerie © Nick Brandt

« La galerie Polka présente pour la première fois en France la tétralogie The Day May Break de Nick Brandt. Depuis des années, le photographe britannique alerte sur la destruction des écosystèmes et le changement climatique — une tragédie mondiale dans laquelle humains et animaux se trouvent tous deux plongés. […] Les titres des photographies nomment les êtres qui les habitent, et mettent un visage sur ceux qui ne sont souvent que noyés dans des statistiques alarmantes. Du premier au dernier chapitre, « The Day May Break » s’est construit comme un avertissement envers notre propre espèce. Une injonction aussi à contrer ce destin funeste : en ligne de mire point l’espoir, qui comme une ampoule suspendue, est à portée de main. »

Mardi à samedi : 11h-19h – Entrée libre

Polka Galerie
12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris
www.polkagalerie.com

 

 

Karolina Orzełek – Do you ever feel like you’re still dreaming?

Jusqu’au 13 juin 2026

Time just floating by, huile sur bois, 2026– Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Do you ever feel like you’re still dreaming? à la galerie Sabine Bayasli © Karolina Orzełek

« Les fantaisies réalistes de Karolina Orzelek jouent d’une confusion entre l’utopie et la nostalgie. Ces peintures ne s’ancrent dans aucune temporalité concrète, mais sont toutes aux couleurs du temps, entre la patine d’une carte postale vintage et la lumière surréelle d’un rendez-vous amoureux projeté sur grand écran. La saturation de la couleur déplace en effet la peinture vers l’image irradiée, rehaussée, et révélée dans des ambiances qui n’ont jamais existé en tant que telles dans la nature : la sublimation du réel passe par l’imaginaire. Il en va donc d’une énergie de la thermodynamique et de la solarisation dans le travail de Karolina Orzelek : insolation, réverbération, hallucination des choses. Dans leur effusion acide, les taches de lumières colorées hypnotisent sans brouiller la vue et toute chose semble prête à se dilater comme la joie ou à se fondre dans la torpeur de la sieste. L’utilisation de l’huile sur bois participe de ce halo : elle donne une patine, les veinules du bois fendillent la scène, l’irriguent de vie. En somme, cette peinture procède d’un attrait assumé pour l’artifice, le jeu et le décoratif puisque les scènes, trop belles pour être vraies, théâtralisent le banal et insufflent une vibration et un exotisme à ce qui est de l’ordre du quotidien. » — Elora Weill-Engerer

Mardi à samedi : 14h-19h – Entrée libre

Galerie Sabine Bayasli
99 rue du Temple 75003, Paris
galeriesabinebayasli.com

 

 

Mohamed Saïd Chair – Out of the Shadows

Jusqu’au 9 mai 2026

The Gamblers, 2024 – Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Out of the Shadows à la galerie Afikaris © Mohamed Saïd Chair

« À mille lieues d’une peinture orientaliste ou orientalisante essentialisant les corps et rejouant par là-même une forme d’idéalisation propre à la peinture classique ou académique, et à rebours d’une peinture contemporaine marocaine peu encline à représenter les gens ordinaires, les toiles de Saïd Chair placent sous les feux des projecteurs ceux que le dramaturge français Edmond Rostand appelait dans sa pièce L’Aiglon « les petits, les obscurs, les sans-grades » : gardiens d’immeuble ou de voiture arborant le même gilet jaune porté par les vigiles assurant la sécurité à l’entrée de centres commerciaux ou de boutiques, livreurs à domicile enfourchant une moto, prostituée portant un pantalon de cuir moulant les formes et des bottines rouges reluisantes, jeunes hommes ou jeunes filles désœuvrés arborant des marques de vêtements de sport uniformisés. Romantique, cette peinture l’est à sa façon dans sa capacité à se réapproprier à la fois la technique du clair-obscur spécifique de l’esthétique baroque ou celle plus expressionniste jouant des contrastes entre l’ombre et la lumière. » — Olivier Rachet

Mardi à samedi : 11h-19h – Entrée libre

Afikaris
7 rue Notre-Dame de Nazareth, 75003 Paris
afikaris.com

 

 

30 ans et plus

Du 23 mai au 25 juillet 2026

Œuvre de la série Failed Postcards From Napoli présentée dans le cadre de l’exposition 30 ans et plus à la galerie Les filles du calvaire © Kourtney Roy

« La galerie célèbre plus de trente années d’engagement au service de la création contemporaine. Pour autant, il ne s’agit pas ici de revenir sur un parcours accompli, mais d’affirmer une continuité vivante. 30 ans et plus n’est pas une rétrospective. C’est une déclaration d’intention, celle d’une galerie qui cultive sa raison d’être : accompagner les artistes et valoriser les pratiques artistiques actuelles. À travers une œuvre par artiste, l’exposition réunit celles et ceux qui incarnent aujourd’hui l’histoire et l’identité de la galerie. 30 ans et plus rend compte d’un dialogue au long cours entre la galerie et les artistes, émergents ou confirmés, qu’elle accompagne. Ce dialogue fidèle, nourri d’expérimentations et de prises de risque, reflète son engagement constant pour l’art contemporain sous toutes ses formes, et tout particulièrement envers la scène française, qu’elle contribue à faire rayonner sur le territoire et à l’étranger. »

Mardi : 14h-18h30 – Mercredi à samedi : 11h-18h30 – Entrée libre

Les filles du calvaire
21 rue Chapon, 75003 Paris
www.fillesducalvaire.com

 

 

Amitiés, Amours, Affinités

Jusqu’au 10 juillet 2026 (Chapitre 2)

Cœur flamme fesse, mariage d’amitié à Notre-Dame-des-Landes en juillet 2024 – Œuvre présentée dans le cadre du cycle Amitiés, Amours, Affinités à la Maison Populaire © duo ORAN

« Le cycle 2026 du Centre d’art de la Maison Populaire, intitulé Amitiés, Amours, Affinités et conçu par le duo de curatrices invitées Line Gigs et Fanny Testas, comprend trois expositions et un programme public. […] Là où toutes nos ressources semblent se tarir, un sentiment est multipliable à l’infini : l’amour. Les affinités, filiations et alliances déplacent des montagnes. Les amitiés nous aident à lutter contre l’isolement qui nous paralyse et nous affaiblit. Les relations permettent de tenir ensemble, de s’entre-tenir. Les artistes invités opèrent tous activement dans des sphères amicales qui les ont influencées et orientées dans leurs pratiques. Les œuvres présentées parlent de la façon dont ils s’organisent pour travailler et faire “équipe”. Leur approche relève d’une éco-logique sociale et mentale, qui engendre des modes de production d’œuvres nourris par des engagements durables. Il s’agit d’un tissage patient d’attentions, de fidélités et de solidarités. Faire ensemble devient alors une manière de résister, tout autant qu’un terrain d’épanouissement personnel et collectif. »

Lundi à vendredi : 10h-12h & 14h-21h – Samedi : 10h-17h – Entrée libre

Maison Populaire
9 bis rue Dombasle, 93100 Montreuil
www.maisonpop.fr

 

 

Diseuses de silence

Jusqu’au 13 décembre 2026

Le Lait des mots, 2026 – Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Diseuses de silence à l’Espace Monte Cristo © Katia Bourdarel – Courtesy Galerie Aeroplastics Bruxelles, Belgique – Galerie Pauline Renard, Lille, France, Co-production Fondation Villa Datris, Paris

« Diseuses de silence propose une vision actuelle de notre histoire contemporaine et collective à travers les voix de 21 sculptrices françaises et internationales. Telles des Shéhérazade modernes, ces artistes donnent vie à nos récits communs et, à travers leurs œuvres choisies au sein de la Collection Fondation Villa Datris, nous transmettent un héritage, le nôtre. Ensemble, elles explorent les recoins les plus oubliés de nos mythologies et comblent les lacunes des narrations contemporaines avec leurs féroces icônes de la création, telles les Vénus de Prune Nourry et la gardienne de Jeanne Vicerial. Grâce à leurs voix, comme celles de Niki de Saint-Phalle et Suzanne Husky, elles préviennent des luttes encore à mener et des acquis toujours à préserver, pour ne pas reproduire les errances du passé. Lorsque, telles Andrea Bowers et Miss.Tic, elles démantèlent, brique après brique, le mur du silence auquel nous sommes confronté·es, c’est pour mieux faire entendre l’histoire que nous devons réécrire aujourd’hui. »

Mercredi à dimanche : 11h30-18h30

Espace Monte Cristo – Fondation Villa Datris
9 rue Monte-Cristo, 75020 Paris
fondationvilladatris.fr/espace-monte-cristo

 

 

Materia

Jusqu’au 30 mai 2026

L’autre Rive – Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Materia à la Galerie Bessaud © Sylvia Pires Da Rocha

« Materia est une exposition collective réunissant huit artistes qui explorent notre rapport à la nature et au corps à travers des savoir-faire artisanaux singuliers. En faisant dialoguer l’art contemporain et les techniques d’exception, cette exposition appelle à revenir au tangible, à la matière qui déborde, sensuellement. Dès lors, elle nous ramène à une expérience mobilisant l’ensemble de nos sens, en contrepoint au tout écran qui lisse notre quotidien. Materia réunit les artistes Violaine Carrère (vitraux contemporains), Sylvia Pires da Rocha (paysages impressionnistes sur carreaux de faïence), Solenne Jolivet (tournage de fils), Olivia de Bona et Philippine Paszkiewicz (mosaïques symbolistes), Jackie Tadeoni (œuvres matelassées en boutis de satin), Caroline Espitallier (papiers tissés), et Thea Gregorius (papiers faits et teintés à la main). »

Jeudi & vendredi : 14h-19h – Samedi : 14h-18h – Entrée libre

Galerie Bessaud
24 bis rue de Charenton, 75012 Paris
galeriebessaud.com

 

 

Portes ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville 2026

Jeudi 28, vendredi 29, samedi 30, et dimanche 31 mai 2026

Atelier d’artiste de la cour Ramponeau, Paris 20e © Paris Lights Up – Paris Rouge

Rendez-vous culturel indissociable du quartier depuis 1990, les journées portes ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville reviennent du 28 au 31 mai. Elles sont chaque année l’occasion d’explorer “les coulisses de l’art” local, tout en découvrant quelques-uns des plus charmants recoins de l’est parisien. Cette 37e édition rassemblera au total “172 artistes et collectifs participants”. Leurs œuvres seront visibles pendant “quatre journées placées sous le signe de la culture et de l’échange” dans plus d’une centaine d’ateliers et de galeries de Belleville, quartier au cœur de l’Est parisien, à cheval sur les 10e, 11e, 19e et 20e arrondissements. De la place des Fêtes au quartier Sainte-Marthe, de l’orée des Buttes-Chaumont aux rues pavées de Ménilmontant, les visiteurs pourront aussi assister aux ateliers de démonstration, performances, et concerts organisés au fil de l’événement.

Jeudi à dimanche – 14h-20h – Entrée libre

Quartier de Belleville
75010 / 75011 / 75019 / 75020 Paris
ateliers-artistes-belleville.fr

 

 

Le Syndrome de Bonnard
Ou l’impermanence des œuvres

Jusqu’au 19 juillet 2026

Laocoon, 2003 – Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Le Syndrome de Bonnard au Plateau et aux Réserves – Frac Île-de-France © Étienne Bossut – Adagp, Paris, 2025. Collection Frac Île-de-France. Photographie : Aurélien Mole

Le Syndrome de Bonnard, présenté au Plateau à Paris et aux Réserves à Romainville, dévoile la part mouvante et ouverte des œuvres. Entre reprises, réactivations et recyclages, elles poursuivent leur propre trajectoire au-delà de leur entrée dans les collections. Inspirée par les retouches sans fin du peintre Pierre Bonnard (1867-1947), l’exposition, imaginée par le collectif curatorial Le Bureau/, réunit plus de trente artistes français et internationaux pour interroger l’impermanence des œuvres, la plasticité des récits et le dialogue constamment réinventé entre création et institution. On raconte que Pierre Bonnard n’a cessé tout au long de sa vie de reprendre ses toiles. Une anecdote en particulier rapporte qu’il fut arrêté par un gardien au Musée du Luxembourg alors qu’il tentait de retoucher subrepticement une minuscule feuille d’arbre d’un de ses tableaux. Marguerite Duras, dans La Vie matérielle, se remémore l’histoire d’un tableau que Bonnard aurait significativement modifié, sans demander l’avis des commanditaires, et rappelle que la création avance rarement en ligne droite : « Ça arrive dans un livre, à un tournant de phrase, vous changez le sujet du livre. (…) Les tableaux, les écrits ne se font pas en toute clarté. »”

Mercredi à dimanche : 14h-19h – Nocturne chaque premier mercredi du mois jusqu’à 21h – Entrée libre

Le Plateau – Frac Île-de-France
22 rue des Alouettes, 75019 Paris
www.fraciledefrance.com

&

Mercredi à samedi : 14h-19h – Entrée libre

Les Réserves, Romainville
43 rue de la Commune de Paris, 93230 Romainville
www.fraciledefrance.com

 

 

Les Nouvelles, les Nouveaux

Du 7 au 17 mai 2026

Les Nouvelles, les Nouveaux 2026 © Ateliers d’Artistes de Belleville

« L’exposition Les Nouvelles, Les Nouveaux met en exergue les artistes nouvellement adhérents de l’association Les Ateliers d’Artistes de Belleville, chacune et chacun avec une ou plusieurs œuvres récentes. Peinture, sculpture, illustration, photographie… la diversité des techniques, des registres plastiques, et la richesse des expressions personnelles sont à l’image du collectif, et représentent bien Belleville, quartier d’artistes ! Cette exposition constitue une introduction visuelle, un préambule, pour la prochaine édition des Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville (37e édition, du 28 au 31 mai 2026, voir ci-dessous) ; la plupart des artistes ici présentés participeront à l’événement en ouvrant leur atelier. L’exposition réunit Paola Afonso, Alejandra Andrade, Michèle Bachelet, Pierre Chancy, Véronique Comte, Gaëlle Cueff, Frédéric Daty, Pascal Ferrari, Alexeï Girard, Andrea Guzman, Hélène Jacob, Richard Laganier, Jaime Lee Girard, Juan de Nubes, et Ronan 2A. »

Jeudi à dimanche : 14h-19h – Entrée libre

Galerie des Ateliers d’Artistes de Belleville
1 rue Francis Picabia, 75020 Paris
ateliers-artistes-belleville.fr

 

 

Illustration :
Œuvre de la série Failed Postcards From Napoli présentée dans le cadre de l’exposition 30 ans et plus à la galerie Les filles du calvaire
© Kourtney Roy

 

 

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