Grève du 10 novembre à la RATP : Quelles sont les revendications des syndicats ?

Dans un communiqué commun, les syndicats de la RATP dénoncent une « politique salariale non indexée à l’inflation, la non reconnaissance [des] qualifications, et [une] course réorganisationnelle jusqu’au-boutiste » jugées à l’origine des insuffisances de recrutement actuels.

Suite à l’appel à la grève de l’intersyndicale des conductrices et conducteurs de métro et de RER, le trafic sera forcément perturbé sur le réseau de la RATP du mercredi 9 novembre à 22h jusqu’au vendredi 11 novembre à 7h. Dans un communiqué commun publié à l’occasion du préavis de ce mouvement social, FO, la CGT, la Base, l’UNSA, et Solidaires ont appelé à une journée avec « zéro métro et zéro RER » ce jeudi. « Notre unité syndicale, notre détermination, avec l’appui de l’ensemble des agents de conduite des départements MTS et du RER doit imposer un rapport de force dans le but d’aboutir aux revendications légitimes du collectif conduite », estiment ces organisations.

« L’intersyndicale réaffirme avec force que ce sont bien cette politique salariale non indexée à l’inflation, la non reconnaissance de nos qualifications, et la course réorganisationnelle jusqu’au-boutiste résumant la politique RH de la RATP qui aboutissent à un déficit de recrutement dans nos secteurs », affirment les cinq sections syndicales de l’établissement public. « Pour autant, la production ferroviaire, malgré ces difficultés, a tenu bon, c’est l’engagement et le professionnalisme des agents de conduite qui l’ont permis : ils doivent en récolter les fruits ! »

Les syndicats dénoncent « un manque de personnel sans précédent »

Le 28 octobre dernier, les organisations syndicales regrettaient de ne pas avoir été « entendues par la direction concernant leurs demandes portant sur l’augmentation des salaires et le manque de personnel sans précédent, ayant pour conséquence la dégradation des conditions de travail ». Après une réunion avec les directions du métro et du RER ce lundi 7 novembre, l’intersyndicale a jugé que ces dernières avaient « décid[é] de les ignorer lors d’une opération de communication, simulant un pseudo dialogue social, ouvrant la porte à un conflit s’inscrivant dans la durée ».

 

 

Dans le compte-rendu de cette dernière réunion, les cinq organisations estiment que « dans un contexte inflationniste sans précédent, l’urgence d’augmenter la grille des salaires des conducteurs du métro et du RER, bloquée depuis plus de dix ans, est une nécessité ». Dans leur communiqué commun du 28 octobre dernier, elles demandaient également « l’embauche massive et sans délai de personnels » afin de faire face aux difficultés actuelles, l’arrêt immédiat « du traitement répressif lié aux observations du voyageur mystère » et des sanctions « systématiques et injustes », ainsi que la mise en place d’un avancement automatique.

Au conseil régional d’Île-de-France, l’opposition saisit la Défenseure des droits « face au chaos dans les transports publics »

Le mouvement de grève du 10 novembre devrait être particulièrement suivi sur le réseau francilien. Sept lignes de métro seront entièrement fermées – les lignes 2, 3bis, 5, 8, 10, 11 et 12. Sept autres – les lignes 3, 4, 6, 7, 7bis, 9 et 13 – fonctionneront uniquement aux heures de pointe, entre 7 heures et 9h30 puis de 16h30 à 19h30. Seul un train sur trois est prévu sur le RER A, tandis qu’un train sur deux circulera sur le RER B aux heures de pointe. Concernant les bus, dont les usagers ont particulièrement eu à se plaindre ces derniers mois en raison d’une régularité en forte baisse, deux véhicules sur trois circuleront « avec certaines lignes très perturbées ».

Face aux difficultés croissantes rencontrées dans les transports en Île-de-France, l’opposition à Valérie Pécresse au conseil régional a par ailleurs saisi la Défenseure des droits Claire Hédon ce mardi 8 novembre, au nom du « droit à la mobilité garanti par le Code des Transports, […] droit fondamental qui découle directement du droit à circuler librement ». Pointant du doigt la hausse du prix du passe Navigo envisagée, le manque de personnels, ou encore la diminution de l’offre avec une régularité des transports dégradée, les groupes communiste, écologiste, insoumis, et socialiste ont publié un communiqué commun pour demander « l’arrêt de la privatisation des transports » afin de « retrouver les transports publics de qualité que les Franciliennes et les Franciliens sont en droit d’attendre ».

 

 

Photographie d’illustration © Paris Lights Up

 

 

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