Tourisme : La reprise se confirme dans la capitale et sa région

Bénéficiant du retour des clientèles internationales comme du dynamisme du marché français, le secteur touristique s’attend à des résultats comparables voire supérieurs à ceux enregistrés en 2019, avant la crise sanitaire.

D’après l’agence de développement touristique nationale Atout France, « alors que le marché domestique retrouve des niveaux proches de ceux de 2019 à fin avril, la clientèle internationale fait son grand retour. Pour la première fois depuis le déclenchement de la pandémie, les recettes du tourisme international en France dépassent les standards de 2019 (+8,6% en mai 2022 par rapport à mai 2019) ». Dans sa dernière note de conjoncture de l’économie touristique, l’agence confirme le constat des professionnels du secteur, avec un retour des « marchés de proximité »  Belgique, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Royaume- Uni  mais aussi de la clientèle américaine, qui s’était faite particulièrement rare les deux années précédentes en raison des restrictions.

Selon l’exécutif parisien, le Grand Paris a enregistré 12,1 millions de visiteurs entre janvier et mai 2022. C’est plus de trois fois plus que sur la même période en 2021. Si cette fréquentation demeure encore en retrait par rapport à celle observée en 2019, un rattrapage pourrait s’opérer au fil du reste de l’année. La clientèle internationale aurait représenté près des quatre cinquièmes des visiteurs au cours des cinq premiers mois de 2022, avec en premier lieu des touristes venus des États-Unis (12,7 %), d’Allemagne (5,8 %), du Royaume-Uni (5,7 %), et d’Espagne (4,2 %). En revanche, les visiteurs chinois manquent toujours à l’appel en raison des restrictions sanitaires en vigueur dans le pays. La clientèle russe, qui représentait avant la crise « 3 % à 4 » de la fréquentation internationale du Grand Paris, est bien entendu elle aussi absente.

L’Office du tourisme et des congrès de Paris estime que près de 33 millions de touristes internationaux et français pourraient visiter la capitale et les départements de la Petite couronne en 2022, contre 12,3 millions en 2020 et 18 millions en 2021. Si le volume de vacanciers resterait inférieur à celui d’avant la crise (38 millions en 2019), le retour des visiteurs semble déjà réjouir les professionnels du secteur. D’après le baromètre de l’activité touristique de juin 2022 réalisé par Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France, « 78% des professionnels estiment que leur activité est en hausse, 21% la considèrent stable, et 1% la jugent en baisse ». Seuls 4% d’entre eux craignent une dégradation de l’activité « à moyen terme », contre 51% s’attendant au contraire à une amélioration.

Un rebond marqué après deux ans au ralenti pour l’hôtellerie et le transport aérien

« L’hôtellerie renoue avec les niveaux d’avant crise : en mai, taux d’occupation et prix moyens dépassent les niveaux de 2019, sur l’ensemble des catégories d’établissements et des destinations », précise Atout France, pour qui ce mois « semble marquer la fin de la crise qui a touché fortement » le secteur. Les taux d’occupation (TO) des chambres des hôtels parisiens ont ainsi dépassé les 80%, poursuit l’agence de développement touristique. Dans l’hôtellerie de chaîne, la destination enregistre une hausse des TO de +65,1 points par rapport à mai 2021, et de +0,6 points par rapport à mai 2019, d’après MKG Destination. En raison de prix moyens qui n’ont jamais été aussi élevés depuis les débuts de la crise sanitaire, c’est cependant du côté du revenu par chambre disponible (RevPAR) que la progression est la plus significative. Comparé au mois de mai 2019, cet indicateur phare affiche une croissance de l’ordre de +23,1% pour les hôtels d’Île-de-France, dont +27,9% pour les seuls établissements de la capitale.

Du côté des flux aériens, les arrivées internationales restent encore en retrait en comparaison des années pré-covid : sur les six premiers mois de l’année, le nombre de passagers arrivés en France est en chute de -27,7% par rapport à 2019. La Chine (-99,1%) Russie (-95,3%), le Japon (-82,4%), la Corée du Sud (-66,1%), l’Inde (-57,4%), et l’Australie (-46,5%) affichent les baisses les plus significatives. D’après les chiffres de Forwardkeys repris dans la note de conjoncture d’Atout France, quatre marchés sont toutefois en progression par rapport au premier semestre 2019 du point de vue des arrivées aériennes : il s’agit du Danemark (+16,7%), de l’Italie (+12,2%), de l’Espagne (+1,9%), et de la Suède (+0,7%). « Les flux en provenance du continent américain, notamment du nord [USA et Canada], sont quasiment au niveau de 2019 », observe également l’agence de développement touristique.

Compte tenu du contexte international (conséquences du changement climatique, conflits, inflation, etc.), Atout France apporte cependant plusieurs nuances. « La quasi parité euro-dollar peut avoir un double effet sur les pratiques touristiques », précise d’abord sa note. « D’un côté, une hausse du pouvoir d’achat des clientèles américaines en France, et ainsi des recettes supplémentaires potentielles, et de l’autre, si la situation perdure, des augmentations de coût pour les services touristiques dépendant du dollar, en particulier pour l’aérien et le kérosène, ainsi que pour l’énergie ». Alors que les secteurs du tourisme et surtout de l’aérien contribuent de manière disproportionnée au réchauffement de la planète, Atout France alerte quant à « un été à risques », avec « [d]es événements climatiques extrêmes [qui] se multiplient en France, mais également en Europe ». La situation rappelle ainsi l’urgence « [d]es questions de l’adaptation de la filière tourisme au changement climatique, et de l’attractivité des territoires perçus comme à risque par les clientèles françaises et internationales ».

 

 

Photographie : Quai des Célestins, Paris 4e.
© Paris Lights Up

 

 

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