À la recherche de sorties culturelles ? Du Marais à Montreuil en passant par Belleville et les Buttes-Chaumont, laissez-vous guider à travers notre sélection d’expositions du mois !
Guillaume Bihan & Daria Svertilova – De ruisseaux et de phares, et au milieu
Du 20 au 28 février 2026
“À l’été 2025, sur quatre mois, Guillaume Bihan et Daria Svertilova ont parcouru le Danube de sa source en Bade-Wurtemberg, en Allemagne, jusqu’à son delta entre la Roumanie et l’Ukraine. Sur ses 2 850 km, le long des deux rives de la principale artère fluviale reliant l’Ouest et l’Est d’une Europe polarisée, les artistes ont documenté un territoire en mutation, portant particulièrement leur attention sur une jeunesse dont l’avenir demeure radicalement incertain. Sur ces rives, qui sont par nature des lisières où se manifestent les possibles et les imaginaires, leur est apparue une jeunesse qui se tenait elle-même sur son propre seuil. Figure transitoire suspendue entre enfance et âge adulte, elle incarne la solitude autant que l’appartenance à des mondes étranges qu’elle traverse, comme un double mouvement tâtonnant ses désirs, scrutant ses doutes. Dans l’instabilité du présent, au milieu de la lourdeur de l’actualité, cette série déploie une narration de la fragilité : tendresse des instants vifs contre l’angoisse sourde, là où le réel frôle parfois le merveilleux.”
Vendredi à dimanche : 14h-19h – Autres jours : Sur rendez-vous au 07 89 53 48 83 – Entrée libre
DOC
26 rue du Docteur Potain, 75019 Paris
doc.work
Vivian Maier – Rue Vivian Maier
Jusqu’au 28 février 2026
“Plus de dix ans après avoir été la première galerie européenne à présenter le travail de Vivian Maier, Les Douches la Galerie consacre une nouvelle exposition – la sixième – à la photographe américaine, afin de commémorer les cent ans de sa naissance. Depuis la rétrospective du Musée du Luxembourg en 2022, aucune exposition ne lui avait été dédiée à Paris. Une invitation à un regard affranchi de l’effet de révélation, attentif à la densité et à la complexité d’un corpus désormais pleinement inscrit dans l’histoire de la photographie du XXe siècle. Dès 2013, Les Douches la Galerie avait fait le choix de montrer ses photographies, convaincue de la force intrinsèque d’une œuvre alors encore méconnue. Depuis, la galerie n’a cessé d’accompagner sa découverte progressive, avec plusieurs expositions marquantes – notamment Autoportraits, en 2015 et The Color Work, en 2019 – explorant ses différents territoires : le noir et blanc new-yorkais des années 1950, l’irruption de la couleur à Chicago, la pratique obstinée de l’autoportrait, ou encore la singularité de son attention aux marges, aux gestes anodins, aux détails presque imperceptibles de la vie urbaine. L’exposition Rue Vivian Maier ne cherche ni la synthèse ni l’exhaustivité. Elle propose une circulation libre entre images emblématiques et photographies plus rares, entre motifs reconnaissables et formes plus silencieuses. On y retrouve les visages saisis sur le vif, l’acuité parfois mordante du regard, mais aussi une dimension plus contemplative : jeux d’ombres, fragments d’architecture, compositions épurées où la lumière devient sujet à part entière. À distance des récits biographiques, cette exposition affirme la modernité formelle et la cohérence profonde du travail de Vivian Maier. Une photographie attentive aux rythmes de la ville, aux failles du quotidien qui continue de révéler de nouvelles strates de sens et de sensibilité.”
Mercredi à samedi : 14h-19h – Entrée libre
Les Douches la Galerie
54 rue Chapon, 75003 Paris
www.lesdoucheslagalerie.com
Joey Meyerowitz – Immersion
Jusqu’au 21 février 2026
« À l’occasion d’une exposition immersive cet hiver à la galerie Polka, le grand maître de la couleur se raconte en ouvrant grand les portes de son œuvre… et de son studio. Entre photographie et vidéo, Immersion est une invitation à le suivre et à plonger au cœur de son univers. […] De Londres à New York, si on lui demande laquelle il préfère photographier, Meyerowitz ne saurait choisir. Chacune a sa propre respiration. Ce qui l’intéresse, c’est que ses images puissent devenir le reflet d’une culture et d’une époque. […] Si dans la rue qui lui est si chère, Joel apprend la rapidité, la technique et la maniabilité de son appareil, il découvre ensuite une autre façon de photographier. Dans les années 1970, le natif du Bronx laisse de côté son 35 mm pour explorer le grand format. Son objectif : mieux comprendre la couleur. “La couleur, c’est ce qui m’a toujours passionné. J’ai commencé avec elle. Le noir et blanc, c’était moins cher, plus simple à développer, mais la couleur, c’était la vie”. Ce nouveau format va lui permettre de manier pleinement ce monde de nuances et de lumière. »
Mardi à samedi : 11h-19h – Entrée libre
Polka Galerie
12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris
www.polkagalerie.com
Ethan Murrow – Rescue Vehicles / Véhicules de secours
Jusqu’au 28 février 2026
“Les Rescue Vehicles d’Ethan Murrow sont d’une absurdité jubilatoire. Un voilier sur roues, débordant d’instruments de musique, traverse l’Ouest américain en soulevant un nuage de poussière. Sur une crête alpine, une femme accroupie sur un élan tente d’attraper la ficelle d’un ballon météorologique, dans l’espoir que celui-ci finira par les emporter dans les airs. Derrière cet humour affleure pourtant un sentiment d’urgence. Les Rescue Vehicles de Murrow sont absurdes parce qu’ils renvoient à notre propre réalité. Face à des crises vastes et complexes, nous ne disposons bien souvent que d’outils dérisoires ; nous improvisons donc, collaborons et faisons au mieux avec ce que nous avons. L’artiste observe une inquiétude croissante face aux menaces qui touchent les arts visuels, la recherche et la science – « ces domaines qui nous permettent de rester en bonne santé et de vivre bien au quotidien. » De là son constat lucide : « Nous allons droit vers le précipice, mais nous continuons pourtant à persévérer, à être inventifs et, franchement, têtus. » Ses Rescue Vehicles sont des réponses improvisées à ces circonstances difficiles, portées par la foi inébranlable de Murrow en l’ingéniosité humaine. Ils soulèvent la question de notre survie et de ce qui, en définitive, mérite d’être sauvé. […]” — Leanne Sacramone
Mardi : 14h-18h30 – Mercredi à samedi : 11h-18h30 – Entrée libre
Les filles du calvaire
21 rue Chapon, 75003 Paris
www.fillesducalvaire.com
Kosuke Okahara – Slightly Elsewhere
Jusqu’au 21 février 2026
« Il y a des territoires qui portent en silence le poids de l’histoire. Okinawa est de ceux-là. Un petit archipel posé en mer de Chine orientale et couvert de nombreuses bases militaires américaines depuis la défaite du Japon, en 1945. Avec sa série Slightly Elsewhere, Kosuke Okahara documente la survivance et la surreprésentation de ces installations massives, à présent parties intégrantes du paysage. Huit décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, que reste-t-il de cette mémoire ? […] La pratique photographique de Kosuke Okahara s’est toujours inscrite dans une réflexion sur des thématiques sociales et politiques. Toutefois, avec le temps, son approche a évolué : de la volonté de documenter et montrer, elle s’est orientée vers un questionnement sur la manière dont nous percevons – ou plutôt, à quel point nous ne percevons pas – le monde qui nous entoure. […] Chacune de ses œuvres est réalisée entièrement à la main, à travers un procédé qui consiste à enduire du papier washi traditionnel japonais d’une émulsion photosensible, puis à tirer les images en chambre noire. La nature incertaine et imparfaite de ce processus manuel engendre des images à l’apparence flottante, ambiguë — reflétant l’instabilité de la perception de ces réalités, ou plus exactement, leur absence de perception. »
Mardi à samedi : 11h-19h – Entrée libre
Polka Galerie
12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris
www.polkagalerie.com
Lili Wood – Bains d’Hiver
Du 12 février au 10 mars 2026
“Lili Wood, dont on ne présente plus les peintures à la force lumineuse et aux couleurs magnétiques, propose deux séries qui se répondent : l’une déploie de vastes paysages où des personnes nagent en eaux libres dans de vivifiants « bains d’hiver » ; et l’autre, en contrepoint, propose des scènes d’intérieur, en petit format, à l’ambiance calme et intimiste, et à la douceur réconfortante. Comme un chat regarde l’ombre des oiseaux danser sur le mur d’une chambre, on contemple la beauté de la mer par la fenêtre d’un chez-soi douillet, avec l’envie de prendre le large en pensée. On laissera volontiers notre esprit glisser, tantôt sur l’infinité des vagues, tantôt sur un rayon de lumière qui perce à travers un rideau. On est à la fois dedans et dehors, on ressent le froid vif de l’air hivernal, mais aussi le plaisir chaleureux de rentrer se blottir chez soi. Dans ces dessins à la composition épurée où se marient les couleurs froides, on retrouve de l’hiver la quiétude et la sérénité de la nature au repos, mais aussi la touche vive, virevoltante, de l’illustratrice, qui a l’art de peindre le vent et les mouvements imperceptibles de l’atmosphère, comme la respiration commune de l’air, de la mer et de la terre, comme une grande inspiration, une bouffée de l’air revigorant de l’hiver sur la côte. Dans les peintures de Lili Wood, l’hiver n’est pas gris, il est d’argent ; et se pare au gré des heures de délicates teintes bleues, roses, mauves, et de reflets nacrés…”
Lundi à samedi : 11h-19h – Entrée libre
Slow Galerie
5 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
www.slowgalerie.com
Amitiés, Amours, Affinités
Jusqu’au 11 avril 2026 (Chapitre 1)
« Le cycle 2026 du Centre d’art de la Maison Populaire, intitulé Amitiés, Amours, Affinités et conçu par le duo de curatrices invitées Line Gigs et Fanny Testas, comprend trois expositions et un programme public. […] Là où toutes nos ressources semblent se tarir, un sentiment est multipliable à l’infini : l’amour. Les affinités, filiations et alliances déplacent des montagnes. Les amitiés nous aident à lutter contre l’isolement qui nous paralyse et nous affaiblit. Les relations permettent de tenir ensemble, de s’entre-tenir. Les artistes invités opèrent tous activement dans des sphères amicales qui les ont influencées et orientées dans leurs pratiques. Les œuvres présentées parlent de la façon dont ils s’organisent pour travailler et faire “équipe”. Leur approche relève d’une éco-logique sociale et mentale, qui engendre des modes de production d’œuvres nourris par des engagements durables. Il s’agit d’un tissage patient d’attentions, de fidélités et de solidarités. Faire ensemble devient alors une manière de résister, tout autant qu’un terrain d’épanouissement personnel et collectif. »
Lundi à vendredi : 10h-12h & 14h-21h – Samedi : 10h-17h – Entrée libre
Maison Populaire
9 bis rue Dombasle, 93100 Montreuil
www.maisonpop.fr
Bastille Art Prize – 1ère édition
Jusqu’au 21 février 2026
« Le Bastille Art Prize est un prix artistique organisé par la Galerie Bessaud. Ouvert aux artistes du monde entier, il a pour vocation à révéler et à promouvoir des artistes talentueux encore méconnus de la scène contemporaine internationale. Le prix s’adresse aux artistes de toutes disciplines, incluant notamment le dessin, la gravure, l’installation, la peinture, la photographie, la sculpture, les techniques mixtes ainsi que les arts décoratifs (textile et matières, verre, bois, métal, céramique, mosaïque, papier ou toute autre technique). […] Pour cette 1ère édition, la Galerie Bessaud accueille 6 lauréates dont les univers singuliers se répondent et se complètent, incarnant avec force la vitalité de la création contemporaine : Valentine Dardel, Anne-Juliette Deschamps, Valentina Grilli, Sophie Inard, Laura Mateare, et Clara Tournay ».
Jeudi & vendredi : 14h-19h – Samedi : 14h-18h – Entrée libre
Galerie Bessaud
24 bis rue de Charenton, 75012 Paris
galeriebessaud.com
Les Rencontres Delacroix – Paris / Cadix / Tanger
Du 5 au 15 février
“Le projet « Les Rencontres Delacroix » célèbre la rencontre entre artistes de Paris, Cadix, et Tanger autour du voyage réalisé par Eugène Delacroix en Andalousie et au Maghreb en 1832. L’aventure artistique rassemble vingt artistes des trois villes pour des rencontres, visites historiques, temps de création plastique, et une exposition à chaque étape du voyage ! La première étape du projet s’est tenue à Cadix en octobre 2025. L’exposition présentée à la galerie des AAB met en exergue les œuvres réalisées par les artistes sur place, à la découverte de la ville, sur les traces d’Eugène Delacroix. Elle sera suivie par un accrochage au Baluarte del Orejón, à Cadix, du 9 au 24 avril 2026. Le projet se poursuivra ensuite au Maroc, à Tanger, avant l’été 2026. Les artistes participants sont Claire Archenault, Yeyo Argües, Annie Barel, Guillaume Berga, Florence Boré, Enrique Cabanillas, Jozyann Chabel, Cecilio Chaves, Julián Delgado, Nicolas Dupeyron, Marina Gadea, Stéphan Her, Diana Kraay, Enma Lapiz, Maria Lizaso, Cristina López, Franck Paglieri, Javier Plata, Ly-Rose, et Nieves Salinas.”
Jeudi à dimanche : 14h-19h – Entrée libre
Galerie des Ateliers d’Artistes de Belleville
1 rue Francis Picabia, 75020 Paris
ateliers-artistes-belleville.fr
Le Syndrome de Bonnard
Ou l’impermanence des œuvres
Du 14 février au 19 juillet 2026
“Le Syndrome de Bonnard, présenté au Plateau à Paris et aux Réserves à Romainville, dévoile la part mouvante et ouverte des œuvres. Entre reprises, réactivations et recyclages, elles poursuivent leur propre trajectoire au-delà de leur entrée dans les collections. Inspirée par les retouches sans fin du peintre Pierre Bonnard (1867-1947), l’exposition, imaginée par le collectif curatorial Le Bureau/, réunit plus de trente artistes français et internationaux pour interroger l’impermanence des œuvres, la plasticité des récits et le dialogue constamment réinventé entre création et institution. On raconte que Pierre Bonnard n’a cessé tout au long de sa vie de reprendre ses toiles. Une anecdote en particulier rapporte qu’il fut arrêté par un gardien au Musée du Luxembourg alors qu’il tentait de retoucher subrepticement une minuscule feuille d’arbre d’un de ses tableaux. Marguerite Duras, dans La Vie matérielle, se remémore l’histoire d’un tableau que Bonnard aurait significativement modifié, sans demander l’avis des commanditaires, et rappelle que la création avance rarement en ligne droite : « Ça arrive dans un livre, à un tournant de phrase, vous changez le sujet du livre. (…) Les tableaux, les écrits ne se font pas en toute clarté. »”
Mercredi à dimanche : 14h-19h – Nocturne chaque premier mercredi du mois jusqu’à 21h – Entrée libre
Le Plateau – Frac Île-de-France
22 rue des Alouettes, 75019 Paris
www.fraciledefrance.com
&
Mercredi à samedi : 14h-19h – Entrée libre
Les Réserves, Romainville
43 rue de la Commune de Paris, 93230 Romainville
www.fraciledefrance.com
Illustration :
Bain d’Hiver / Hiver, intérieur #1, gouaches – Œuvres (recadrées) présentées dans le cadre de l’exposition Bains d’Hiver à la Slow Galerie République
© Lili Wood

