Près de 500 personnes se sont rassemblées en début d’après-midi ce dimanche, en face du foyer de la rue Fernand Léger (20e arrondissement) où vivait El Hacen Diarra, habitant de Paris originaire de Mauritanie. C’est là qu’a eu lieu le « contrôle de police » qui a conduit à sa mort dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier, à la suite de violences policières documentées par vidéo.
Dans les rues environnantes, des affiches d’appel à témoins laissent apparaître un visage souriant. El Hacen Diarra, 35 ans, aimait à boire son café accompagné d’une cigarette en face du Foyer Les Mûriers, lieu d’« accueil inconditionnel tous publics » où il vivait depuis quatre ans. Dans la soirée du mercredi 14 janvier, après avoir regardé le match Sénégal-Égypte de la Coupe d’Afrique des Nations en compagnie d’autres résidents du foyer, il était installé comme à ses habitudes à l’angle de la discrète rue des Pruniers lorsqu’« intervint » une équipe de police des « Brigades territoriales de contact » (BTC).
Sur une vidéo visiblement réalisée par une voisine ou un voisin puis diffusée et partagée par de nombreux Parisiennes et Parisiens, El Hacen Diarra, déjà à terre, est frappé à plusieurs reprises par l’un des agents. Les sources policières ont également admis l’utilisation d’un « pistolet-taser » avant l’annonce du décès de M. Diarra, qui serait survenu dans les locaux du commissariat de police du 20e arrondissement, dans la nuit du 14 au 15 janvier. Les services de la préfecture de police ont affirmé que ce dernier avait été victime d’un « malaise » et d’un « arrêt cardio-respiratoire ».
Une plainte déposée pour « violences volontaires ayant entraîné la mort »
Alors que la vidéo filmée de l’incident, accompagnée des témoignages de la famille et des camarades de foyer de M. Diarra décrivant un homme « très calme, gentil, souriant », a déjà fortement remis en cause la version des agents, ce nouveau fait est venu rappeler l’intolérable réalité des violences policières, à Paris comme ailleurs. En 2022, une marche blanche avait réuni des centaines de personnes dans le même quartier en mémoire de Boubacar et Fadigui, deux jeunes hommes originaires du quartier tués sur le Pont-Neuf dans le cadre d’une autre « intervention policière ». En 2023, l’État avait été condamné pour faute lourde suite à la mort de Liu Shaoyao, six ans après le décès du père de famille de 56 ans, consécutif au tir d’un policier de la BAC à son domicile du 19e arrondissement.
Plusieurs des personnes ayant pris la parole au rassemblement de ce dimanche 18 janvier, proches de M. Diarra ou personnalités engagées contre les violences policières comme Assa Traoré, ont dénoncé les biais racistes et discriminatoires de la police française et les innombrables dérives et graves conséquences des « contrôles au faciès » régulièrement pratiqués par cette dernière. Une partie de la famille de M. Diarra était présente cet après-midi en sa mémoire, notamment son frère Ibrahima Diarra, appelant la justice française à faire la lumière et obtenir « toute la vérité » sur sa mort. Leur avocat, Maître Yassine Bouzrou, a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », exigeant la désignation d’un juge d’instruction.
Photographies : Rassemblement en mémoire d’El Hacen Diarra, le 18 janvier 2026 – Paris 20e
© Paris Lights Up – Paris Rouge

