Conseil de Paris : Cinq membres de Génération·s fusionnent avec EELV pour former le groupe Les Écologistes

Le groupe écologiste du conseil de Paris s’agrandit : avec le renfort de cinq membres de Génération·s, il comptera 28 représentantes et représentants dès la prochaine séance de l’assemblée parisienne, prévue du 11 au 14 octobre.

Troisième force politique de la chambre aux 163 sièges, après les groupes Paris en Commun (gauche – 54 membres) et Changer Paris (droite – 55 membres), le groupe écologiste renforce sa position en accueillant pour la rentrée cinq des six élues et élu du mouvement fondé par Benoît Hamon :
– Sandrine Charnoz : Conseillère de Paris élue dans le 12e arrondissement, adjointe à la maire de Paris en charge des sociétés d’économie mixte et sociétés publiques locales.
– Frédéric Hocquard : Conseiller de Paris élu dans le 20e arrondissement, adjoint à la Maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne.
– Nathalie Maquoi : Conseillère de Paris élue dans le 20e arrondissement.
– Carine Petit : Conseillère de Paris élue dans le 14e arrondissement, maire du 14e arrondissement.
– Melody Tonolli : Conseillère de Paris élue dans le 14e arrondissement.

Le rapprochement entre Europe Écologie – Les Verts (EELV) et Génération·s n’est par ailleurs pas limité au seul conseil de Paris, puisqu’il concerne aussi les conseils d’arrondissement et la Métropole du Grand Paris. « 89 élu·e·s au conseil de Paris et dans les arrondissements, sept adjoint·e·s dans l’exécutif parisien, 18 élu·e·s à la Métropole du Grand Paris, les écologistes se renforcent. Face aux dérèglements climatiques et aux inégalités, c’est un nouveau groupe plus fort pour agir », a ainsi réagi David Belliard, adjoint aux transports et à la voirie d’Anne Hidalgo, et candidat à l’Hôtel de ville à l’occasion des élections municipales de 2020.

Dans un communiqué partagé ce mercredi, le nouveau groupe Les Écologistes liste plusieurs priorités pour « accélérer la transition écologique et solidaire de Paris » au cours des quatre prochaines années de mandat. Ses membres appellent notamment à « adapter l’espace public parisien en retrouvant de la pleine terre », « changer de dimension sur la rénovation thermique des bâtiments », « anticiper dans les aménagements urbains la sobriété nécessaire pour continuer à habiter la capitale », mais aussi à renforcer les politiques de lutte contre les inégalités et les moyens alloués à la jeunesse.

Si les groupes de la majorité parisienne réunissant socialistes, écologistes, et communistes s’accordent sur la majorité des votes au sein du conseil, les décisions relatives à plusieurs grands projets d’urbanisme ont récemment remis en lumière des dissensions notables entre les groupes Paris en Commun et EELV. On peut notamment citer le cas du projet d’extension de la gare d’Austerlitz (13e arrondissement), qui comporte la construction d’une barre d’immeuble de 50 000 mètres carrés de bureaux et 16 500 mètres carrés de centre commercial. Après l’abandon de l’agrandissement de la gare du Nord, les élues et élus du groupe écologiste espèrent encore un changement de cap sur ce dossier majeur.

La rentrée politique a également été l’occasion pour le groupe de marquer son opposition au format actuel d’un autre grand projet de la majorité : le réaménagement de la porte de Montreuil (20e), prévu à partir de 2023. Émile Meunier, conseiller de Paris écologiste du 18e engagé contre la construction de nouvelles tours de bureaux et la densification, a ainsi indiqué que la position de la formation agrandie correspondait à une « remise à plat totale » du projet. « Aucun arbre ne doit être coupé, zéro mètres carrés de bureaux, ni dalle ou immeuble-pont. À la place : un aménagement paysager et de voirie sobre, beau, et intelligent », a proposé l’élu du 18e.

Antoinette Guhl, conseillère de Paris écologiste élue dans le 20e, a également appelé à « faire du lieu une belle place » en dédiant plus d’espace aux vélos et aux piétons, mais aussi à « prendre soin de l’espace marché aux puces et ressourcerie », et a suggéré d’y « créer une halle alimentaire ». Le dossier de la porte de Montreuil rejoint ainsi ceux de la gare d’Austerlitz et de la tour Triangle (15e) parmi les projets d’urbanisme qui ne manqueront pas de nourrir les débats au sein du conseil de Paris.

« Nous rappelons notre ferme opposition à ce projet anti-écologique qui ne répond absolument pas à des besoins parisiens, ni franciliens. Nous demandons la suspension des travaux en attendant les conclusions de l’enquête en cours », indiquait en juillet dernier la présidente du groupe EELV au conseil de Paris Fatoumata Koné au sujet du projet de tour de 180 mètres de hauteur au sud de la capitale, dont le chantier a débuté en décembre 2021. Plusieurs services de l’Hôtel de ville ont été perquisitionnés le 20 juillet, un an après l’ouverture d’une information judiciaire pour « soupçons de favoritisme » autour de ce dossier. Comme le rapporte Le Parisien, la cheffe de file des écologistes, conseillère de Paris élue dans le 19e, a adressé un courrier au procureur national financier Jean-François Bohnert afin de demander la suspension des travaux « en sa qualité de juge d’instruction chargé de l’affaire ».

 

 

Photographie : Salle du conseil de Paris
© Paris Lights Up

 

 

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